Le phénomène a pris de l’ampleur depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Craint pour sa politique budgétaire et économique mondiale, après notamment l’annonce de ses surtaxes à de nombreux pays, Donald Trump a accentué la dédollarisation depuis l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas le 3 janvier dernier. Mais la dédollarisation, c’est quoi ? Il s’agit d’une volonté de diminuer sa dépendance vis-à-vis du dollar, souligne RTL. Une dépendance mondiale depuis l’après-guerre puisque la monnaie américaine est devenue le pilier du système financier international.

Dans le commerce mondial, le dollar reste la monnaie dominante. C’est le cas dans le domaine de l’énergie (pétrole, gaz…), des matières premières et c’est aussi l’unité de compte de référence pour la dette internationale, rappellent nos confrères. Or, grâce à tous ces éléments, les Etats-Unis peuvent, par exemple, financer leurs déficits à faible coût. Ils peuvent également exercer leur influence sur les flux financiers dans le monde. Mais l’enlèvement de Nicolás Maduro a ravivé de nouvelles craintes.

La part du dollar dans les réserves mondiales a chuté

L’intérêt pour l’or a été ravivé très rapidement. Il faut dire que ce métal précieux est une valeur refuge. Fin décembre, son once a atteint les 4 420,30 dollars, un nouveau record. Début janvier, il a même grimpé à 4 431,05 dollars, soit une augmentation du cours de plus de 67% en un an. Or, cet attrait pour l’or participe à la dédollarisation. Car si ce mouvement est loin d’être nouveau, il s’accélère depuis quelques mois avec le recours notamment à d’autres devises, comme l’euro ou le yuan (chinois), mais également la signature d’accords en monnaies locales.

Par exemple, au Venezuela, le gouvernement avait déjà décidé il y a quelques années de fixer le prix de son pétrole en euro, en yuan ou en rouble. Mais c’est le cas également dans d’autres pays. Selon les chiffres du FMI cités par le Comptoir national de l’or, la part du dollar dans les réserves mondiales est passée de 71% en 1999 à moins de 59% en 2023. Et mi-2025, elle serait même tombée à 56,3%. C’est son plus bas niveau depuis 30 ans.

L’or profite largement de cette dédollarisation puisque selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté plus de 1 050 tonnes d’or en 2024, proche du record absolu de 2023. Ces achats proviennent notamment de Chine, de Turquie, d’Inde, d’Egypte ou d’Arabie saoudite. Avec les différentes sanctions prononcées ces derniers mois ou certaines décisions jugées unilatérales, Donald Trump prend le risque de s’enfermer. Si le dollar reste la monnaie la plus utilisée, sa domination est remise en cause. Et cela semble parti pour durer.