Emmanuel Macron face à la colère des Mahorais. Après le passage du cyclone Chido à Mayotte, qui a tué au moins 31 personnes et fait près de 2 500 blessés, selon un bilan provisoire, le président de la République a décidé de se rendre sur place sur l'archipel pour être aux côtés des habitants. Mais l’accueil qui lui a été réservé n’a pas été des plus chaleureux. Le chef de l’Etat a en effet été pris à partie et hué par de nombreux Mahorais, jeudi soir, comme le raconte BFMTV.

« Démission, démission !», ont scandé les habitants reprochant le manque d’action de l’État. Face à une foule furieuse, Emmanuel Macron a dû essuyer de nombreuses critiques. «Tu racontes des salades», «De l'eau, de l'eau, de l'eau !» lui ont notamment crié des jeunes et des mères de famille. Dans ce contexte particulièrement tendu, le chef de l’État n’est pas parvenu à détailler les mesures envisagées en réponse à la catastrophe et a fini par lancer : «C'est pas moi le cyclone ! Je ne suis pas responsable !»

«Vous seriez 10 000 fois plus dans la merde !»

Lors d’un échange tendu avec les sinistrés, diffusé par le média en ligne Brut, Emmanuel Macron s’est quelque peu emporté et a lâché en haussant le ton : «Tout le monde se bat, vous avez vécu quelque chose de terrible. N'opposez pas les gens ! Si vous opposez les gens, on est foutus ! Parce que vous êtes content d'être en France !» Avant de poursuivre : «Si ce n'était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde ! Il n'y a pas un endroit dans l'océan Indien où on aide autant les gens».

«Là, vous avez eu les premières distributions, je sais que c'était insuffisant. Le fret ne peut pas être organisé avant, c'était impossible. Ils ont fait avec ce qu'ils avaient en stock ici. Là, il y a les premières arrivées», a-t-il encore déclaré face aux Mahorais en détresse.

Emmanuel Macron a décidé de poursuivre sa visite sur l’archipel ce vendredi, en signe de «respect» et de «considération». Le président de la République devrait s'éloigner de Mamoudzou, le chef-lieu de l'archipel français de l'océan Indien, pour se rendre dans les localités plus isolées, où les secours, l’eau potable, l’électricité et la distribution de vivres prennent plus de temps à arriver. Il devrait également se rendre dans un bidonville.