
Trois mois après le vote du budget 2026, le gouvernement souhaite corriger sa loi de programmation militaire pour l’allonger, sous l’effet de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient selon France Culture. Mercredi 25 mars, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a affirmé qu’une enveloppe de 8,5 milliards d’euros allait être ajoutée au budget déjà voté de 16 milliards d’euros, pour la période 2016-2030.
La loi rectificative de programmation militaire sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril prochain, mais avant cela, tous les ministres concernés par cette loi ainsi que les hauts responsables militaires auront l’occasion de se rassembler afin de trouver ensemble les financements nécessaires pour abonder l’effort de guerre français sur les deux fronts. Pour le gouvernement, l’objectif premier désormais est d’adapter les capacités françaises de production, surtout en matière de munitions.
Un effort financier élargi au secteur privé
Pour trouver ces financements, le ministre de l’Économie Roland Lescure considère que trois niveaux sont insuffisamment mobilisés pour l’instant : les financements européens, l’État et les particuliers. Les citoyens français ont la capacité d’investir dans les entreprises d’armement non cotées via des fonds dédiés, comme le fonds BPI France Défense. Ce dernier a pour l’instant récolté 50 millions d’euros environ. Sur les dix prochaines années, il vise à lever 450 millions d’euros. Un investissement vivement encouragé par le ministre de l’Économie. «Je pense qu’il faut le faire et qu’on en profitera tous», assure-t-il.
Du côté de l’industrie de la défense, une dynamique pour l’effort de guerre est déjà en marche. Environ 4 500 start-ups, PME ou grands groupes composent la base industrielle française. Grâce à ces entreprises et groupes, les canons CAESAR ont un délai de construction réduit, et plusieurs sites fonctionnent à plein régime, comme la production d’obus à Tarbes, ou la poudrerie de Bergerac, reprise par Norinco qui inaugure une troisième ligne de production avec un carnet de commandes rempli jusqu’en 2030.



















