
Une LPM encore insuffisante ? Mercredi 8 avril, le Conseil des ministres prendra connaissance de l'actualisation du projet de loi sur la programmation militaire 2024-2030. Cette dernière sera revalorisée à hauteur de 36 milliards d’euros, portant les crédits budgétaires dédiés à la défense à 436 milliards d’euros. L’actualisation de la LPM va permettre «d'accélérer le mouvement de modernisation de nos capacités et l'aptitude de notre modèle capacitaire à un engagement de haute intensité de nos armées», indique le texte, selon La Tribune.
Pour autant, ces suppléments ne prévoient pas d’ajout dans les formats des armées, fixés par le Livre blanc de 2013. L'armée de l'air et la marine seront toujours composées de 225 Rafale, dont 185 pour l'armée de l'air, 15 frégates de premier rang, un porte-avions, trois porte-hélicoptères, six sous-marins nucléaires d'attaque (Barracuda). L’armée de terre devra toujours se contenter de 200 chars Leclerc, 67 hélicoptères d'attaque Tigre, dont 14 modernisés.
Beaucoup de commandes de munitions à prévoir
Un résultat qui diffère des propos tenus par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui estimait, en février, que la Marine nationale pourrait disposer de 18 frégates de premier rang afin de «tenir plusieurs espaces maritimes en même temps, de la mer Rouge à l'Indopacifique en passant par la Baltique et la Méditerranée». Par ailleurs, le chef du gouvernement assurait que 20 à 30 Rafale sont nécessaires pour «tenir plus solidement sur des théâtres multiples».
Mais alors, dans quoi seront utilisés ces 36 milliards d’euros ? Outre le fait d’atteindre un effort de défense de 2,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2030, ce budget sera alloué à l’achat de munitions en tout genre (8,8 milliards d’euros entre 2026 et 2030) : des munitions téléopérées aux missiles de croisière, en passant par des Exocet, des obus de 155 mm et des missiles anti-chars.
Une modernisation importante de la marine
Six avions de transport tactique A400M supplémentaires et deux Mirage 2000D rénovés seront ajoutés à l'armée de l’air (50 au total). Mais ce n’est pas tout, puisque la livraison des systèmes de défense aérienne de nouvelle génération SAMP/T NG (MBDA/Thales) sera accélérée pour atteindre dix systèmes au lieu de huit en 2030. Le premier Global Eye, le nouvel avion de surveillance et de contrôle aérien (Saab), sera opérationnel avant 2030. Autre coût qui n’était pas prévu : le financement complet du Rafale F5 après le retrait des Émirats arabes unis (3,5 milliards d'euros).
La marine française prépare une modernisation en profondeur de ses moyens de surveillance et de défense avec l’arrivée de trois nouveaux Albatros, un nouvel avion de surveillance et d’intervention développé par Dassault Aviation, qui remplacera progressivement trois des quatre Falcon 50 actuellement utilisés et bientôt retirés du service. Pour mieux protéger ses frégates, la marine va également renforcer ses équipements anti-aériens. D’ici 2030, 18 systèmes de défense SIMBAD RC supplémentaires, fabriqués par MBDA, viendront s’ajouter aux installations existantes, portant le total à 26. Elle recevra aussi dix systèmes anti-drones de plus, pour atteindre au moins 30 unités à l’horizon 2030.
L'armée de terre équipée de 300 camions supplémentaires
L’autre axe fort de cette modernisation concerne les drones. La marine va considérablement étoffer ses capacités avec des drones pour la surveillance des fonds marins (AUV), pour l’intervention (ROV), pour l’hydro-océanographie, mais aussi des drones navals et aériens embarqués sur les frégates et bâtiments logistiques. Chaque frégate ou pétrolier-ravitailleur (BRF) aura son propre drone aérien, en plus de drones de surface et sous-marins destinés à la reconnaissance ou à l’action.
L’armée de terre bénéficiera elle aussi de commandes supplémentaires avant 2030. Le ministère prévoit l’achat de 300 camions logistiques de nouvelle génération - dans un parc qui en comptera 2 400 - 50 canons anti-aériens Proteus équipés d’intelligence artificielle, 11 canons Caesar supplémentaires (portant le total à 120) ainsi que jusqu’à 13 lance-roquettes unitaires (LRU).



















