Jeudi 7 mai, les députés ont validé une hausse de 36 milliards d’euros des dépenses militaires d’ici 2030, selon Ouest-France. Avec cette hausse, ce budget s’élèverait donc à 436 milliards. Toutefois, les débats au Parlement s’enlisent et l’issue des débats reste donc incertaine. C’est d’ailleurs dans un hémicycle très peu rempli que les députés ont adopté ce nouvel article de la loi de programmation militaire actant une augmentation de 36 milliards du budget alloué par rapport à la dernière loi de programmation datant de 2023. Dans les votes, les députés PS et RN se sont abstenus, et LFI a voté contre cet article. Par ailleurs, il faudra compter aussi 13,3 milliards supplémentaires de ressources additionnelles, dépensées en recettes immobilières et de revenus du service de santé des armées.

Pour la ministre des Armées Catherine Vautrin, ce texte retranscrit la «nécessité d’accélérer, de densifier notre effort de réarmement», avec «les retours d’expérience» d’Ukraine et du Proche et Moyen-Orient. De ces deux guerres, le gouvernement a tiré les enseignements concernant les besoins en munitions, drones ou capacités de défense longue portée. Des besoins qui figurent désormais en priorité. En tout, 8,5 milliards supplémentaires seront donc alloués aux munitions, ce qui porte à 26 milliards d’euros l’enveloppe de la période. Aussi, deux milliards d’euros doivent être investis dans les drones, pour un total de 8,4 milliards d’euros. En 2030, le budget des armées annuel pourrait atteindre 76,3 milliards d’euros, soit 2,5 % du PIB.

Un calendrier parlementaire incertain

Toutefois, chacun des budgets annuels entre 2025 et 2030 sera voté individuellement par le Parlement, et la trajectoire budgétaire sera modifiable. D’autant que les élections de 2027 pourraient changer cette trajectoire. À l’Assemblée nationale, plusieurs partis d’opposition ont dénoncé l’absence de nouvelles ressources fiscales pour balancer ces dépenses, notamment sur les hauts revenus.

Par ailleurs, les députés ont passé la plus grande partie des débats sur un rapport annexé au projet de loi, censé servir de feuille de route aux investissements nécessaires. Mais des mesures concrètes ont aussi été adoptées, comme l’encadrement de la publication d’œuvres, d’agents et ex-agents du renseignement. Cette mesure vise à éviter la divulgation d’éléments qui pourraient mettre en péril d’autres agents ou des opérations. Aussi, l’Assemblée a approuvé un article élargissant la possibilité pour les renseignements d’utiliser des algorithmes.