
Le gouvernement a officialisé cette semaine la vente de LMB Aerospace, entreprise corrézienne spécialisée dans la fabrication de ventilateurs pour moteurs, utilisés notamment sur le Rafale, à la société américaine Loar Group. Cette annonce a immédiatement suscité des critiques, certains dénonçant la cession d’un fleuron de la défense tricolore à des intérêts étrangers, dans un contexte de tensions géopolitiques.
Interrogé sur TF1 ce vendredi 30 janvier, Roland Lescure, ministre de l’Economie, a tenu à rassurer, présentant LMB Aerospace comme «une pépite corrézienne qui exporte dans le monde entier des ventilateurs permettant de refroidir des moteurs dans des navires et des avions, militaires ou civils». L’entreprise compte aujourd’hui 70 salariés et réalise «50 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 20% en France et 80 % à l’étranger, notamment aux Etats-Unis», a-t-il précisé. Le ministre a également tenu à démenti toute opposition de la Direction générale de l’armement (DGA) sur cette vente.
Production maintenue en France et «golden share»
«On a un fonds français qui détient cette entreprise et qui décide de la vendre. C’est son droit», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’y avait pas de repreneur français ni européen. «Comme dans tous les cas, ce type d’opération est filtré et étudié de manière chirurgicale par mes services, évidemment en coopération avec les ministères concernés», a poursuivi Roland Lescure.
«On a une centaine de dossiers qui sont examinés tous les ans, il y a des dossiers qui n’ont pas d’intérêt stratégique qu’on laisse passer, d’autres, comme LMB, où on se dit ‘Là, il y a un sujet stratégique’ et on met des conditions plus ou moins strictes. Les conditions sur LMB, elles sont extrêmement strictes», a-t-il expliqué. Le ministre de l’Economie a ainsi assuré que la production sera maintenue en Corrèze, «avec le respect des contrats avec les entreprises militaires françaises, et sans limite de durée». «Et surtout, l’Etat, qui sans débourser un sou, prend une action de préférence, une ‘golden share’. Sur toutes décisions stratégiques, j’aurai un droit de blocage absolu», a-t-il insisté.















