La situation risque d’être très perturbée dans les aéroports parisiens jeudi 3 et vendredi 4 juillet. A l'orée des vacances scolaires d'été, les contrôleurs aériens ont en effet appelé à la grève pour protester contre leur «sous-effectif structurel». Résultat : un quart des vols devrait être annulés au départ ou à l'arrivée des grands aéroports parisiens ainsi que la moitié à Nice, Bastia et Calvi jeudi. Pour vendredi, la situation sera encore plus compliquée dans les aéroports franciliens avec 40% des vols annulés.

Une situation qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout au ministre des Transports, relaient Les Echos. Présent lors du congrès annuel de la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (Fnam), Philippe Tabarot a rappelé qu’il savait «combien ces mouvements de grève sont coûteux pour (vos) compagnies aériennes». Il a d’ailleurs qualifié d’«inacceptables» les revendications portées par les syndicats minoritaires, «tout comme le choix de faire cette grève au moment des grands départs en congé».

Le système de pointage ne passe pas

Le gouvernement cédera-t-il cette fois-ci ? Il semblerait que non à en croire le ministre. «Je suis résolu à tenir bon face à ce mouvement et notamment face à la demande d'abandon d'un certain nombre de dispositions qui avaient pourtant été actées et qui ne sont pas respectées», a-t-il lâché, visiblement en colère. Il a cité la demande d’abandon de pointeuses pour les contrôleurs qui, pour lui, est un «symbole de leur volonté d'accomplir ou de ne pas accomplir leur travail comme ils devraient le faire».

Ce système de pointage est au cœur d’une réforme du secteur à la suite d’un incident survenu en 2022 à l’aéroport de Bordeaux où deux avions ont été tout proches d’entrer en collision. Par la suite, le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a remis en cause le travail des contrôleurs aériens. Raison pour laquelle Philippe Tabarot ne compte pas céder sur une réforme «indispensable qui a été engagée depuis un certain nombre de mois».

Les compagnies semblent soutenir le ministre, la principale association de compagnies aériennes en Europe, Airlines for Europe (A4E), qualifiant la grève d’«intolérable». Selon elle, «le contrôle aérien français provoque déjà les retards parmi les pires» du Vieux Continent. Pour protester contre cette réforme, les contrôleurs aériens avaient déjà fait grève en mai 2024. Ils avaient obtenu une augmentation de leur rémunération et davantage de jours de repos. Pas sûr que le gouvernement en cède, cette fois-ci.

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