La guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe est-elle repartie de plus belle ? Ce vendredi 23 mai, le président américain, Donald Trump, a menacé l’Europe de nouveaux droits de douane de 50% dès le 1er juin, notamment car l’Europe a été créée «dans le but premier de prendre l'avantage sur les États-Unis». Une annonce inattendue, car cette hausse serait prévue pour dans neuf jours, alors que les droits de douane actuels sont équivalents à 12,5%. Pour le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, cela ne concerne pas seulement la France, mais toute l’Europe.

Invité de BFMTV, Laurent Saint-Martin rappelle que le Vieux Continent souhaite «une sortie par le haut de ce conflit commercial», mais qu’il fallait continuer à «garder son sang-froid». Si la France prend «très au sérieux» les menaces de Donald Trump, elle n’a qu’un objectif : la «désescalade». «Il faut baisser les droits de douane», a martelé le ministre en utilisant un vocabulaire technique, «celui du zéro pour zéro, notamment dans l’industrie».

Des mesures de réciprocité sont déjà prévues

Laurent Saint-Martin veut surtout défendre les filières françaises : «50%, c'est insoutenable», a fustigé le ministre sur BFMTV, rappelant qu’en cas de droits de douane américains, «cela voudrait dire qu’il y aura une réponse européenne sur les produits américains», ce qui «n’est pas soutenable non plus». Toutefois, l’Europe doit être capable de «répondre et montrer qu’elle peut riposter si la négociation échoue», alerte-t-il.

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur a également souligné que «pour un rapport de force, il faut quand même être capable de montrer des mesures de rétorsion». Lesquelles ? En réalité, toute une série de produits américains est déjà concernée, mais la mesure est suspendue. Si Donald Trump devait mettre ses menaces à exécution, «le principe de réciprocité» serait alors mis en place.

Enfin, pour Laurent Saint-Martin, le monde du commerce est en train de changer. «On ne se barricade pas, mais on sort d’une certaine forme de naïveté, d’ouverture, tout ce qui a fragilisé notre industrie et nos propres emplois». Il termine : «C'est la fin d'un monde commercial tel que nous l'avons connu pendant longtemps.»