Les droits de douane américains menacent «des centaines de milliers d’emplois» en France, a averti le président du Medef, Patrick Martin. Invité sur BFMTV, ce vendredi 4 avril, le ministre de l’Economie, Eric Lombard, ne s’est guère montré plus optimiste en confirmant que le risque de suppressions d’emploi «est réel». «Nous voulons éviter les conséquences que craignent les entrepreneurs, le risque est réel, nous voulons éviter qu’il se produise», a-t-il affirmé.

Le ministre a assuré la volonté du gouvernement d’accompagner les entreprises exportatrices dans ce moment qu’il qualifie d’«historique», avec la tenue de réunions régulières à Bercy avec les patrons et les représentants des filières industrielles, mais également la mise en place par le ministère des Finances d’un site d’information «pour que chacun connaisse exactement les tarifs et les conséquences». «Si on ne parvient pas à une négociation qui aboutit à faire baisser les droits proposés par Donald Trump, nous aurons une baisse de la croissance en Europe, en France», et celle-ci touchera «d’abord les entreprises exportatrices», a-t-il prévenu.

«Construire une riposte proportionnée»

«40% des entreprises qui exportent vers les Etats-Unis ont un chiffre d’affaires avec les Etats-Unis qui est supérieur à la moitié de leur chiffre d’affaires», a souligné Eric Lombard en citant notamment la filière des vins et spiritueux. Pour le locataire de Bercy, les nouvelles mesures annoncées par Donald Trump ce mercredi 2 avril impacteront avant tout les Américains. «Cela va augmenter le coût des produits vendus aux Etats-Unis, donc ça va augmenter l’inflation, ça va baisser le niveau de vie des Américains, qui d’ailleurs commencent à râler», a-t-il expliqué.

Face à cette «proposition agressive», Eric Lombard juge que l’Union européenne doit «construire une riposte proportionnée» mais également «très vigoureuse». Selon lui, l’économie européenne étant «une des plus puissantes du monde», «nous avons tout à fait les moyens de négocier, dans un premier temps, pour obtenir, si possible, un désarmement avant l’application» ou «le plus vite possible».