Le courrier de la discorde. Ces derniers jours, de nombreuses entreprises françaises ont reçu une lettre émanant de l’administration Trump, plus précisément d’un «agent contractant» nommé Stanislas Parmentier agissant pour le compte du département d’État américain à l’ambassade des États-Unis à Paris. Que contient cette lettre ? Une demande de ne pas mettre en œuvre de politique dite «DEI» (diversité, équité, inclusion) sous peine d’être exclues des offres de l’administration fédérale américaine. Très rapidement, même si la lettre n’émane pas officiellement de l’ambassade américaine, la France a répondu, Bercy dénonçant une tentative d’«ingérence inacceptable».

Invité de la matinale de LCI dimanche 30 mars, le patron du Medef s’est à son tour insurgé contre cette manœuvre dénonçant une «dérive du gouvernement américain, du président américain lui-même». Pour lui, les Etats-Unis veulent installer «une emprise sur l'économie mondiale et les valeurs européennes». Qualifiant cette demande d’«inadmissible», Patrick Martin a martelé que la France ne pouvait «s’incliner». Et d’ajouter : «Nous avons des valeurs, des règles, nous nous devons de les respecter.»

Patrick Martin met en garde Donald Trump

Le patron du Medef a justement cité ces règles et ces valeurs que sont la «mixité» ou «l’inclusion des personnes en situation de handicap». Et de poursuivre : «Il est hors de question d'y renoncer.» Interrogé ce lundi 31 mars sur RTL, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étranger est à son tour revenu sur cet épisode, se montrant «choqué», jugeant à son tour qu’il s’agissait d’«ingérences inacceptables». Une discussion devrait d’ailleurs avoir lieu avec l'ambassade des États-Unis en France pour «comprendre quelle est vraiment l'intention derrière cette lettre».

Mais qu’en est-il des «quelques centaines» d’entreprises qui travaillent avec l’Etat fédéral américain ? «Les entreprises assumeront leurs valeurs autant que possible», a confirmé Patrick Martin sur LCI dimanche, demandant à l’Etat et à l’Europe d’être «en soutien» face à cette «décision funeste». Le patron du Medef s’est dit tout de même «soucieux de la performance économique».

Cependant, les discussions peuvent-elles avancer sur le sujet ? Patrick Martin considère que Donald Trump reste quelqu’un de «très péremptoire» et «outrancier» et l’a mis en garde : «Si, comme cela se dessine, le marché de l'emploi se retourne, l'inflation redémarre aux États-Unis, et les cours de bourse se dégradent, il y aura peut-être un rappel aux réalités de la part de l'économie et des citoyens.»