
Une douzaine de jours après l'annonce d’un accord commercial entre les Etats-Unis et l'Union européenne, la surtaxe de 15 % voulue par Donald Trump s'applique désormais à de nombreux produits venus d'Europe. Un coup dur pour les exportateurs. Mais ces derniers ne désarment pas. «On entre dans une phase de négociation» a souligné mardi sur France Info Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur. Car si le texte a été paraphé par le président américain, il n'a pas encore été ratifié par les 27 Etats membres. C'est au Conseil européen d'en décider mais aucune date n'a été annoncée et plusieurs points clés restent flous.
Le fameux pacte de Turnberry, conclu le 27 juillet, devait marquer une trêve dans les tensions commerciales transatlantiques. Mais à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur le caractère «stabilisé» du taux de 15 %, le présentant comme un plafond plutôt qu'une règle intangible. Selon elle, cette visibilité est essentielle «pour que les entreprises puissent planifier et investir», tout en laissant la porte ouverte à de nouvelles discussions avec Washington.
Acier, vins, pharma… les secteurs encore en suspens
Au-delà des produits déjà exemptés (aéronautique, certaines denrées agricoles et chimiques), plusieurs filières européennes espèrent intégrer la liste des bénéficiaires du taux zéro. Les négociations portent notamment sur l'acier et l'aluminium, toujours frappés à 50 %, mais aussi sur les vins, les spiritueux, l'automobile et le secteur pharmaceutique. Ce dernier reste dans le flou, les autorités américaines ayant tenu des propos contradictoires. Pour les spiritueux, l'objectif affiché est de revenir à la situation de 1997. «A savoir un accord zéro pour zéro, ce serait pour notre filière un bon deal», affirme Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France.
En attendant, Bruxelles a suspendu sa riposte commerciale. La Commission européenne avait préparé une liste de produits américains représentant 93 milliards d'euros d'exportations, prête à être surtaxée si aucun compromis n'était trouvé. Une pause interprétée comme un geste d'apaisement, mais aussi comme un rappel que «les mesures de rétorsion sont prêtes» et «toujours sur la table», prévient Thierry Breton.


















