
Pas de répit pour les fraudeurs. Durant l’été, les inspecteurs de l’Urssaf vont intensifier leurs contrôles, avec un objectif clair : traquer le travail dissimulé. Une fraude qui représente plusieurs milliards d’euros de manque à gagner pour les finances publiques. Dans un centre commercial de la région PACA, les agents de l’Urssaf effectuent des contrôles inopinés dans une enseigne de restauration rapide, a constaté TF1. Contrats de travail, pièces d’identité… chaque salarié est interrogé un à un.
En l’absence du gérant, les inspecteurs prennent des photos et recueillent des témoignages. «Les gens en période d’essai qui ne sont pas encore déclarés ou des gens qui sont déclarés 3 heures alors qu’ils travaillent 8 heures. Il y a de la petite infraction et de la grosse infraction, mais qui est traitée de la même manière», explique auprès de nos confrères Eric Weyer, inspecteur de l’Urssaf. Même lorsque tout semble conforme, les investigations se poursuivent en coulisses. Le numéro de cotisant permet de vérifier si l’employé est bien déclaré.
25 000 vérifications supplémentaires grâce à l’IA
Toutes les informations collectées alimentent une vaste base de données à Marseille, où l’Urssaf centralise déclarations sociales, embauches, antécédents judiciaires des dirigeants… Grâce à un logiciel puissant, croisant des milliers de données (le data mining) issues des impôts, de la police, de la gendarmerie et de l’inspection du travail, les agents identifient des cas suspects en un temps record. «On voit que cette entreprise est en lien avec une multitude de sociétés qui ont été concernées par du travail dissimulé. Cette intelligence artificielle fait apparaître des liens que l’on aurait peut-être du mal ou plus de temps à déterminer, notamment dans le cas de la fraude organisée», explique Mikhaël Bascoul, responsable du contrôle Urssaf dans la région.
Grâce à l’IA, 25 000 vérifications supplémentaires ont été réalisées. «Depuis plus de 10 ans maintenant, nous avons multiplié par 4 les redressements en matière de lutte contre le travail dissimulé. Nous nous appuyons sur l’intelligence artificielle en complément de l’expertise de nos inspecteurs du recouvrement pour toujours mieux cibler les entreprises à risques», précise Karine Mos, directrice juridique et contrôle Urssaf en région PACA.
Cette traque numérique produit déjà des résultats concrets. Exemple marquant : un entrepreneur du BTP a été repéré après avoir affiché sur les réseaux sociaux un train de vie luxueux, en totale contradiction avec ses déclarations à l’Urssaf. L’enquête révèle alors des irrégularités multiples : fausses factures, salariés non déclarés, détournement d’argent de son entreprise… Pour un total estimé à 2,4 millions d’euros de fraude. Il risque aujourd’hui une peine de prison ferme ou avec sursis probatoire, ainsi que la confiscation de son patrimoine.
Face à l’ampleur du phénomène, l’Urssaf ne compte pas relâcher la pression. L’organisme vise un objectif ambitieux : atteindre 5,5 milliards d’euros de redressement d’ici deux ans.
















