
Une (terrible) erreur du stagiaire et tout bascule. En juin 2022, un stagiaire d’Adecco - devenu par la suite alternant dans l’entreprise spécialisée dans l’intérim - avait envoyé son mot de passe sur un réseau crypté à «Abeloth» avec, comme promesse, une récompense de 15 000 euros en échange. Cette somme, il ne la recevra jamais. Mais le mal est fait. Les cybercriminels entament un massif de données de la branche française du géant suisse Adecco, basée à Villeurbanne, près de Lyon.
Adecco porte alors plainte dès novembre 2022, après que des dizaines d'intérimaires partagent leur mauvaise expérience sur Facebook. En effet, il se sont rendus compte que des petites sommes avaient été prélevées sur leur compte bancaire. Plus spécifiquement, ils ne dépassent pas 49,85 euros, correspondant au seuil des autorisations préalables. Le préjudice, qui a touché plus de 32 000 intérimaires sur cette première affaire, est estimé à 1,6 million d'euros. Mais les hackers ne s’arrêtent pas là et tentent de faire de même avec 40 000 autres comptes. Les banques, parties civiles au procès, ont dû rembourser plus de 1,4 million d'euros.
14 hommes jugés au tribunal
Les profils des prévenus vont du stagiaire au petit génie de l'informatique, comme le rapporte France Bleu. Ils sont poursuivis notamment pour «escroquerie en bande organisée» et encourent jusqu'à dix ans de prison. À la tête de ce réseau, se trouve un surdoué de l’informatique. Avant Adecco, il s’est attaqué en 2019, à l’âge de 17 ans seulement, à plusieurs sociétés, banques, assurances et même à l'Etat. Les enquêteurs le décrivent comme ayant des «capacités intellectuelles élevées», mais est pris par «une escalade addictive» à «la recherche de failles» informatiques.
Le jeune homme a, depuis, été placé en détention provisoire mais a réussi à «continuer ses activités» depuis sa cellule en 2023 et 2024. Parmi les complices du jeune hacker, on retrouve cinq ou six autres jeunes membres, jamais condamnés, et des délinquants au casier judiciaire chargés pour escroqueries, violences voire trafic de stupéfiants. Deux de ses complices présumés, mineurs ont moment des faits, sont renvoyés devant le tribunal pour enfants. Au total, sur le banc des prévenus, 14 hommes feront face à 22 chefs de mise en examen.


















