
A l'arsenal de Redstone, en Alabama, l'armée américaine a récemment mené des essais autour d’une nouvelle ogive baptisée BRAKER (pour «Bunker Rupture and Kinetic Explosive Round», qu'on pourrait traduire par «projectile explosif cinétique anti-bunker»). Comme le rapporte Forbes dans un article du 24 avril, ce projectile a été pensé pour être intégré à de petits drones d'attaque, une première pour ce type d'armement habituellement réservé à des bombes de gros calibre larguées depuis des avions.
Destinée à détruire des fortifications lourdes et des cibles enfouies, cette innovation s'inscrit dans le plan de transformation engagé par les États-Unis pour adapter leurs forces aux conflits modernes. L'ogive, partiellement conçue à partir de composants imprimés en 3D, a été développée en un temps record : imaginée début mars, elle a été testée avec succès quelques semaines plus tard. Au total, 12 munitions ont été produites, dont une utilisée pour une démonstration officielle. Le projet est piloté par le programme exécutif de l’armée américaine dédié aux munitions et à l’énergétique, basé à Picatinny, dans le New Jersey.
Une mise en œuvre rapide et modulable
«Notre équipe de Picatinny est passée du concept au tir réel en deux semaines», a souligné le colonel Vincent Morris dans un communiqué publié le 22 avril. Il précise également que «BRAKER démontre notre capacité à développer rapidement et à déployer en toute sécurité des effets dévastateurs grâce à de petits systèmes d'aéronefs sans pilote». Au-delà de l'ogive elle-même, les équipes ont conçu un système de fixation universel, baptisé Picatinny Common Lethality Integration Kit (CLIK). Inspiré des rails standard utilisés pour les fusils, ce dispositif permet d'adapter différents types de charges utiles sur des drones. Une modularité qui pourrait élargir les usages opérationnels de ces appareils.



















