
Le bilan de la sécurité routière pour 2025 confirme une tendance inquiétante. Hors période Covid, le nombre de décès sur les routes reste stable depuis dix ans : 3 513 personnes ont perdu la vie l’an dernier, dont 3 260 en France métropolitaine (+2,1%). Les blessés graves, eux, sont estimés à 16 600, soit une hausse de 4% selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Si les conducteurs et passagers de voitures représentent toujours près de la moitié des victimes (48%), deux catégories inquiètent particulièrement : les cyclistes et les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), comme les trottinettes électriques, gyropodes ou monoroues. En 2025, 234 cyclistes ont perdu la vie sur les routes, soit 10 de plus qu’en 2024 (+4,5%). «La moitié d’entre eux ont subi un choc à la tête dans l’accident, et un tiers sont décédés sans qu’il n’y ait de tiers responsable impliqué», indique Estelle Balit, déléguée interministérielle à la sécurité routière, à nos confrères du Parisien.
Hausse de près de 78% des victimes
Pour les utilisateurs d’EDPM, le bilan est encore plus préoccupant : 80 décès l’an dernier, soit une hausse de près de 78% par rapport à 2024. Face à ces chiffres alarmants, la question du port obligatoire du casque à vélo et à trottinette refait surface. Aujourd’hui, il n’est obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans à vélo et pour les utilisateurs de vélos électriques rapides («speed bikes»). Le succès de l’obligation du casque chez les motards, qui a fortement contribué à réduire le nombre de morts et de blessés, relance le débat pour les autres usagers.
Toutefois, le sujet divise : la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) craint qu’une obligation généralisée ne freine la pratique du vélo, tandis que l’Académie de médecine et de nombreuses études scientifiques insistent sur l’efficacité du casque pour limiter les traumatismes crâniens et neurologiques. Certaines analyses nuancent cependant ce constat. Une étude de 2021 sur les accidents en agglomération entre 2016 et 2019 a montré que le port du casque pouvait parfois inciter certains cyclistes à adopter des comportements plus risqués, la fréquence d’accidents mortels étant alors plus élevée chez ceux qui en portaient.
Jusqu’à présent, le gouvernement mise sur des campagnes de sensibilisation pour encourager le port du casque plutôt que sur son obligation, tout en laissant ouverte la possibilité de revoir cette position si les données de sécurité routière évoluent.


















