
Des efforts encore insuffisants. Depuis plusieurs années, l’UE accélère le pas pour sécuriser ses approvisionnements en métaux critiques, nécessaires à la transition énergétique mais aussi la dépendance vis-à-vis de pays extérieurs, notamment de la Chine. Pour autant, les résultats démontrent encore un fort approvisionnement en lithium, cuivre ou encore nickel à «une poignée de pays tiers», souligne Keit Pentus-Rosimannus, membre estonienne de la Cour des comptes, dans le rapport publié lundi 2 février.
L'UE peine, en effet, à réduire cette dépendance de ces importations en métaux critiques. Mais «sans matières premières critiques, pas de transition énergétique, pas de compétitivité, pas d'autonomie stratégique», a également rappelé Keit Pentus-Rosimannus. La transition «vers les énergies renouvelables» du Vieux Continent est donc dépendante des pays extérieurs à l’Union.
La capacité de transformation des matières critiques «quasiment à l'arrêt» en Europe
Pourtant, un règlement sur le sujet a été adopté en 2024. Il était censé garantir sur le long terme la sécurité d’approvisionnement de 26 minéraux jugés critiques. Mais, dans les faits, l’UE aura «du mal à sécuriser, d'ici la fin de la décennie, l'approvisionnement en matières premières stratégiques». «Les perspectives ne sont pas encourageantes», a même avoué la Cour des comptes européenne, avec 7 des 26 matériaux nécessaires à la transition énergétique qui présentent «des taux de recyclage compris entre 1 et 5%». Dix autres ne sont pas recyclés du tout.
Et cela ne devrait donc pas aller en s'arrangeant, dans l’immédiat. En effet, les projets d'extraction de ces matériaux en Europe sont encore très peu développés, et peuvent prendre des décennies avant d'être opérationnels. La capacité de transformation des matières critiques est «quasiment à l'arrêt» sur le sol européen, «notamment en raison des coûts élevés de l'énergie», apprend-on dans ce rapport.


















