
Après cinq mois de suspense quant à l’avenir budgétaire du pays et des mois de débats animés, le budget 2026 du pays a finalement été adopté lundi deux février. Alors que deux motions de censure ont été déposées par le PS et par le RN, la majorité des députés ne les a pas votées. Le débat a donc été écourté, et le Premier ministre a échappé de nouveau à la censure. Le budget 2026 final est donc un compromis entre les volontés du gouvernement et celles du Parlement.
D’abord, ce budget vise à réduire le déficit public du pays à 5 % du PIB, alors que la première version visait un déficit à 4,7 %, selon RTL. Un compromis a été trouvé avec le PS sur le budget de la Sécurité sociale et de l’État. Pour y parvenir, les dépenses de l’État vont donc passer de 56,8 % du PIB à 56,6 %. Le taux de prélèvement obligatoire, lui, évoluera de 43,6 à 43,9 %. Le déficit de l’État est chiffré à 131,9 milliards d’euros, un chiffre presque stable sur une année, bien que très élevé encore.
Dépenses maîtrisées, impôts ciblés et arbitrages politiques
Le fond du budget 2026 défend désormais un ralentissement inédit de la dépense. Le Premier ministre a insisté mardi 27 janvier devant les députés sur le fait que la progression de ces dépenses allait enfin ralentir de façon inédite, et se limiter à 0,9 % en volume pour 2026, contre 1,7 % en 2025. Mais pour la droite sénatoriale, ce n’est pas tout à fait la réalité : elle dénonce un budget qui aggraverait le déficit de plus de dix milliards en comparaison avec la première copie. Selon ces sénateurs, ce budget voté alourdit la dette, qui devrait atteindre 118,2 % du PIB.
Côté impôts, en comparaison de la version initiale du budget, les entreprises seront davantage taxées. Une hausse de la taxe sur les bénéfices des grandes entreprises devrait rapporter 7,3 milliards en 2026, et l'augmentation de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises par rapport à la première version permettra de récupérer 1,3 milliard d’euros. Mécontent de ce changement, le patronat dénonce les revirements du gouvernement. Mais de son côté, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin avance que 99 % des entreprises françaises «ne verront aucun changement fiscal en 2026». Pour les ménages, le barème de l’impôt sur le revenu n’est finalement pas gelé. Quant à l’abattement de 10 % des retraités, il est maintenu. Mais les projets de taxation des hauts revenus portés par la gauche ont été écartés.
Des coupes ciblées
Les choix budgétaires passent aussi par des coupes ciblées. Dans le secteur de la Défense, les crédits en 2026 augmentent de 6,5 milliards, mais pour cela, le plan France 2030 est coupé de 1,1 milliard, tout comme le Fond vert qui recule de 850 millions d’euros.
Toutefois, côté aides, les socialistes sont parvenus à obtenir la généralisation des repas étudiants à un euro, le renforcement de la prime d’activité et la revalorisation des APL.


















