
Jugée pour escroquerie, elle a tout tenté pour se défendre, assurant avoir réalisé les trajets qui lui sont reprochés. Comme le raconte Le Parisien, une conductrice de taxi varoise était jugée pour escroquerie au préjudice de la Sécurité sociale. Les faits remontent à 2019. La conductrice en question est accusée d’avoir détourné un total de 2,3 millions d’euros en cinq ans en facturant des transports médicaux fictifs. Ancienne ambulancière, la quinquagénaire détenait une licence de taxi. Sa société comptait jusqu’à cinq véhicules.
Lors de son procès fin mai, la prévenue a bien tenté de se justifier : «Les transports, je les ai faits», et si elle a bien commis des «erreurs», elle aurait envoyé les justificatifs. Tout en rejetant la faute sur la désorganisation des caisses en question qui les auraient bien reçus. Problème, pendant l’enquête, il a été démontré que la conductrice avait facturé jusqu’à 1,3 million d’euros pour un seul patient au préjudice de la CPAM de Roubaix-Tourcoing.
Trente mois de prison ferme
Un peu beaucoup quand on sait que, dans le détail, entre vingt et trente trajets pouvaient être facturés quotidiennement. Selon nos confrères, l’accusée avait aussi surfacturé des prestations et fait des demandes de remboursement pour des courses fictives. Une assurée du Puy-de-Dôme, jamais venue dans le Var, lui avait même permis d’engranger plus de 250 000 euros. Mais comment son petit manège a-t-il pu durer aussi longtemps ? Essentiellement parce que les professionnels de santé peuvent être payés avant d’envoyer des justificatifs.
Lors du procès, une peine de trois ans de prison ferme avait été requise, la juge estimant qu’il y «avait bien eu des opérations frauduleuses» ce qui justifiait «une peine sévère». Finalement, la conductrice a été interdite de conduire un taxi et de gérer une société pendant cinq ans et a surtout écopé de trente mois de prison ferme, avec exécution provisoire, pour escroquerie et blanchiment.
1,4 million d’euros de biens saisis
Elle devra également payer des dommages et intérêts et rembourser les organisations lésées. Au total, 1,4 million d’euros de biens ont été saisis au cours de l’enquête (licences de taxis, matériel de salle de sport, six voitures, une moto ou de l’argent en liquide). De son côté, la CPAM du Var assure que «tout se passe bien dans 99% des cas», mais a tout de même répertorié douze millions d’euros de fraude l’année dernière… dont un million dans le transport sanitaire.



















