ur l’île d’Oléron, il était connu de tous ou presque, en particulier des jeunes. Ancien chef de service d’un centre de soins et de prévention en addictologie, Jean-Noël Delzenne s’était donné un but à la retraite, raconte France 3 Nouvelle-Aquitaine : venir en aide aux personnes trop alcoolisées après des soirées. Dans son style caractéristique, avec son chapeau de cow-boy sur la tête et sa voiture aux allures de taxi anglais, il explique : «Je me suis aperçu que beaucoup de jeunes prenaient leurs voitures en étant un peu alcoolisés.»

Dès lors, son association s’est donné un but : «Prendre des jeunes et des moins jeunes qui ont décidé de faire la fête, d'aller au restaurant et de boire un peu plus qu'il ne faut» et donc «qu’ils ne prennent pas de risque et d'éviter des accidents avec d'autres personnes». Mais ce taxi associatif va devoir arrêter. Pourquoi ? Car la direction des transports terrestres estime qu'il s'agit d'une concurrence déloyale pour les taxis.

Incompréhension chez les commerçants

Trois membres de l’organisme lui ont signifié qu’il faisait «quelque chose d'illégal» en raison d’un manque de licence et surtout qu’il était passible de «35 000 euros d'amende, de la prison et la confiscation des taxis». Une décision incompréhensible pour Jean-Noël Delzenne qui veut juste «protéger la population des conduites à risque».

D’autant qu’il le répète : l’association n’avait aucun but lucratif. Chaque passager donnait ce qu’il voulait, l’argent servant à financer l’entretien du véhicule et le reste étant reversé à des associations de lutte contre les violences routières. Cette décision, les commerçants locaux ne la comprennent pas non plus. «Tout le monde est un peu stupéfait de ce qu'il s'est passé. On avait tous plus ou moins financé cette idée-là, entre les commerçants», rappelle un patron de bistrot au micro de France 3.

«Il communique par rapport à l'alcool, il est très médiateur, très calme. Il fait un super boulot, c'est génial ce qu'il fait», ajoute une autre commerçante. Contactées par France 3, les trois compagnies de taxi locales n’ont pas donné suite. Si le taxi bon samaritain est persuadé qu’elles sont à l’origine de la plainte, il ne baisse pas les bras et cherche comment relancer son service sous une autre forme.