C’est un constat que risquent de faire de nombreux Français. À partir de ce lundi 5 janvier, les médecins libéraux entament une grève inédite pour une durée de dix jours afin de dénoncer des politiques publiques qui «piétinent» leur métier. Alors que le mouvement de grève cible la loi de finances de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, adoptée d’une courte majorité le 16 décembre dernier et ses mesures jugées dangereuses pour «la liberté d’exercice», les syndicats espèrent une mobilisation massive.

Pour autant, le ministère de la Santé entend bien prendre des mesures pour assurer la continuité des soins dans le pays. Dans un entretien accordé à La République du Centre, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a ainsi fait savoir que des «réquisitions» de personnels soignants auront lieu. De même, la membre de l’exécutif explique avoir d’ores et déjà pris depuis plusieurs jours «des mesures pour organiser la permanence des soins avec les Agences régionales de santé (ARS)», les établissements ou encore les professionnels eux-mêmes «pour que nos concitoyens ne soient pas en danger pendant cette mobilisation».

Les dépassements d’honoraires dans le viseur du gouvernement

Alors que les médecins libéraux dénoncent, entre autres, un budget jugé insuffisant mais aussi le contrôle accru des prescriptions d’arrêts de travail ou encore la possibilité pour les autorités de pouvoir réduire de façon «autoritaire» certains tarifs en «contournant» le dialogue social, Stéphanie Rist a tenu à justifier la position du gouvernement. «Il y a une augmentation exponentielle de ces dépassements d’honoraires ces dernières années. Même si les abus ne concernent qu’une minorité de médecins, nous ne pouvons pas laisser la situation en l’état», a expliqué la ministre qui avance que certains Français sont obligés de renoncer à certains soins pour des raisons financières.

Une chose est toutefois certaine : la mobilisation devrait être majoritairement suivie. En effet, l’ensemble des syndicats représentatifs - à l’exception du SMG qui critique le mouvement et dénonce des «privilèges d’une corporation» - seront mobilisés durant cette grève. Si le mouvement sera progressif, l’activité dans les blocs opératoires sera par exemple réduite dès ce lundi 5 janvier avant d’être totalement arrêtée à partir du 10 janvier à l’occasion d’une manifestation nationale qui se tiendra à Paris.