
Londres durcit sa politique face à Moscou. L’armée britannique est désormais habilitée à arraisonner et saisir les navires sous sanctions appartenant à la «flotte fantôme» russe s’ils pénètrent dans les eaux territoriales du Royaume-Uni, a annoncé Downing Street mercredi 25 mars dans un communiqué, rapporte RFI. Cette mesure intervient alors que la guerre au Moyen-Orient influence le marché mondial de l’énergie et que Washington a levé temporairement certaines sanctions sur le pétrole russe.
«Les forces armées britanniques et les forces de l'ordre pourront désormais intercepter les navires sanctionnés par le Royaume-Uni qui transitent par les eaux britanniques», y compris dans la Manche, précise le communiqué du bureau du Premier ministre Keir Starmer. Londres a ciblé 544 navires soupçonnés de faire partie de cette «flotte fantôme» russe, composée principalement de pétroliers anciens permettant à Moscou de contourner les sanctions occidentales depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
Une décision qui contraste avec Washington
«Le Royaume-Uni va resserrer l'étau autour de la flotte, en fermant ses eaux, dont la Manche, aux navires sanctionnés. Les opérateurs seront contraints de se détourner vers des routes plus longues et coûteuses, ou courront le risque d'être arrêtés par les forces britanniques», explique le communiqué. Cette initiative britannique survient peu après l’annonce de Washington, qui a décidé de lever temporairement certaines restrictions sur le pétrole russe pour limiter la hausse des prix dans le contexte du Moyen-Orient.
«Vladimir Poutine se frotte les mains (…) parce qu'il pense que la hausse des prix du pétrole va lui permettre de s'en mettre plein les poches», a commenté Keir Starmer. «C'est pourquoi nous nous attaquons encore plus durement à sa flotte fantôme», a-t-il ajouté. Selon Londres, «75% du pétrole brut russe est transporté par cette flotte délabrée». En janvier, le Royaume-Uni avait déjà soutenu les Etats-Unis lors de l’interception du pétrolier Marinera, auparavant nommé Bella 1, dans l’Atlantique Nord.
«Après l'interception d'un navire, des poursuites pénales pourront être engagées contre les propriétaires, les exploitants et l'équipage pour violation de la législation britannique sur les sanctions», avertit Downing Street.



















