La guerre au Moyen-Orient va-t-elle faire les affaires de la Russie ? Paralysé depuis le début des frappes en Iran, le détroit d’Ormuz est un passage stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. En effet, 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié sur le marché mondial passent par ce détroit. Or, depuis une semaine, face à une peur de paralysie totale, le baril de pétrole s’affole, allant jusqu’à dépasser les 120 dollars. Jeudi 12 mars, pour la première fois depuis 2022, le baril de Brent de la mer du Nord a clôturé au-dessus des 100 dollars.

Or, la hausse du prix du pétrole alimente les craintes d’inflation aux Etats-Unis, raison pour laquelle Donald Trump a décidé de lâcher du lest en autorisant temporairement la vente de pétrole russe stocké sur des navires, rapporte Le Parisien. Le ministère américain des Finances a confirmé cette autorisation, précisant que la licence était délivrée jusqu’au 11 avril. Cela concerne tout le pétrole brut et les produits pétroliers chargés à bord de navires avant le 12 mars. Une «mesure à court terme» qui vise toutefois à «accroître la portée mondiale de l’offre existante», selon le ministre des Finances américain, Scott Bessent.

La Russie veut la levée d’autres sanctions

Scott Bessent a également ajouté que la Russie ne tirerait pas «de bénéfices financiers significatifs», le gouvernement tirant «la majorité des taxes prélevées au moment de l’extraction». Evidemment, cette annonce a été immédiatement saluée par Moscou pour qui le marché mondial de l’énergie «ne peut rester stable» sans le pétrole russe. L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, a ainsi laissé entendre que la levée de sanctions supplémentaires était nécessaire.

Comme nous vous l’avions évoqué la semaine dernière, les Etats-Unis avaient déjà assoupli leurs sanctions, en accordant une dérogation à l'Inde et en lui permettant d’échanger avec Vladimir Poutine. Après avoir échangé avec le président russe, Donald Trump avait déclaré : «Nous allons aussi lever certaines sanctions liées au pétrole pour réduire les prix (…) jusqu'à ce que ça s'arranger.» Un discours qui tranchait avec sa sortie quelques heures plus tôt où il assurait que la flambée des cours du pétrole était «un petit prix à payer pour la paix et la sécurité» mondiales.

Le G7 ne veut pas desserrer l’étau

De quoi faire réagir les Européens. Emmanuel Macron a notamment déclaré au nom des présidents du G7 que le blocage du détroit d’Ormuz «ne justifiait en aucun cas de lever les sanctions» exercées contre la Russie. Et pour cause, il s’agit d’un levier de pression pour le G7, alors que l’économie russe souffre. Fin janvier, ses revenus pétroliers ont atteint leur plus bas depuis cinq ans. Pris en étau entre les élections de mi-mandat et la nécessité de limiter les capacités de Moscou à financer la guerre en Ukraine, Donald Trump va devoir faire des choix.