Une guerre de plus de six mois au Moyen-Orient aurait «de vrais impacts», martèle Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Dimanche 22 mars, interrogé par la chaîne chinoise CGTN, le dirigeant affirme qu’une prolongation du conflit aurait de terribles effets sur l’économie mondiale, selon La Tribune. Pour lui, tout est «une question de durée», le seuil de six mois de conflit étant déterminant pour l’avenir. «Si cela dépasse six mois, nous aurons de vrais impacts, toutes les économies en souffriront», a-t-il averti.

Selon lui, un conflit durant entre trois et quatre mois pourrait avoir des effets encore absorbables, grâce aux stocks d’hydrocarbures disponibles. Mais le blocage prolongé du détroit d’Ormuz complique la situation, puisque cette zone voit transiter environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux habituellement. Actuellement, «ce sont 10 millions de barils de pétrole par jour qui ne peuvent pas sortir du Golfe arabo-persique», explique le dirigeant.

Un point de bascule pour l’économie

«J’espère que nous trouverons rapidement des solutions pour cette guerre» explique Patrick Pouyanné. Dans certains pays de la région, le blocage du détroit a entraîné une mise à l’arrêt d’environ 15 % de la production mondiale de gaz et de pétrole du groupe TotalEnergies. Malheureusement, dans le contexte actuel, le conflit semble s’enliser. Les infrastructures énergétiques sont des cibles prioritaires et au centre des menaces échangées entre Washington et Téhéran.

Samedi 21 mars, Donald Trump a menacé l’Iran de détruire ses centrales électriques si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert dans les prochaines 48 heures. Par la suite, l’armée iranienne a répliqué en annonçant qu’elle viserait les infrastructures énergétiques et les usines de dessalement d’eau dans la région, si les États-Unis mettaient à exécution ces frappes. Le président du parlement iranien a également prévenu que ces frappes feraient inévitablement augmenter les prix du pétrole «de manière durable». Téhéran a aussi affirmé que le détroit d’Ormuz serait entièrement fermé dans le cas où les États-Unis visaient les centrales électriques iraniennes.