L’annonce avait été faite en personne par Emmanuel Macron jeudi 22 janvier. Suspecté d’arborer «un faux pavillon», un navire pétrolier provenant de Russie avait été arraisonné par la Marine nationale, dans les eaux internationales, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord. Une opération réalisée avec des «alliés» et «dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer». Dans la foulée, une enquête judiciaire avait été ouverte et le navire avait été dérouté puis escorté jusqu’au golfe de Fos-sur-Mer où il s’est arrêté samedi.

Selon les informations du Monde, le capitaine du Grinch, le nom du pétrolier, a été placé en garde à vue en fin de soirée samedi. Dans un communiqué, le parquet de Marseille a confirmé qu’«à la suite du déroutement du pétrolier Grinch et de son arrivée au mouillage dans le golfe de Fos-sur-Mer, le capitaine du navire a été remis par la Marine nationale aux autorités judiciaires». L’enquête, confiée à la Section de recherches de la gendarmerie maritime de Toulon en co-saisine avec le Centre de sécurité des navires de Marseille, aurait mis en évidence un «défaut de pavillon».

Un pétrolier sous surveillance européenne sous un autre nom

Le parquet de Marseille a précisé que tous les autres membres d’équipage, de nationalité indienne comme le capitaine, ont été «maintenus à bord du navire». Les vérifications en cours doivent permettre de «vérifier la validité du pavillon arboré par le pétrolier et des documents requis pour sa navigation». Mais pour l’heure, une chose semble certaine : le pavillon arboré est «un faux pavillon comorien», indiquait une source à BFM.

A l’heure actuelle, le pétrolier se situe à 500 mètres de Martigues, est entouré d’un navire de la Marine nationale ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie. Des «zones d’exclusion nautique et aérienne», ont été décidées, ajoutent nos confrères. Long de 249 mètres, ce navire est soupçonné d’appartenir à la liste de la flotte fantôme russe (environ 600 bateaux), dont les activités «contribuent au financement de la guerre d'agression contre l’Ukraine», avait rappelé Emmanuel Macron.

Provenant de Mourmansk, port arctique de la mer de Barents, le Grinch figurait sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni, mais sous le nom de «Carl». Il s’agit de la deuxième opération menée par la France à la suite de l’interception du Boracay en octobre dernier. Il avait alors été arraisonné par des marins français dans l’Atlantique.