
Mais que fait le «Pushpa» non loin des côtes de Saint-Nazaire ? Ce pétrolier de 244 mètres suscite pas mal d'interrogations du côté des marines européennes. Car, parti du port russe de Primorsk le 20 septembre, il est supposé rejoindre Vadinar, en Inde, le 20 octobre. Alors, sa présence depuis lundi au large de la Loire-Atlantique est pour le moins incompréhensible. D'après les informations relayées par Le Parisien, une enquête a été ouverte par le parquet de Brest pour «défaut de documentation de la nationalité et du pavillon du navire» ainsi que pour «refus d’obtempérer».
Le parquet confirme que «des délits maritimes» signalés le 29 septembre par le préfet maritime de l'Atlantique sont susceptibles de mettre en cause «certains membres de l'équipage». La gendarmerie maritime a été saisie, tandis qu'un patrouilleur a été envoyé pour surveiller le navire, stationné à proximité du parc éolien offshore de Saint-Nazaire.
Une flotte au service de Moscou
Pour Emmanuel Macron, la gravité des faits ne fait aucun doute : «Il y a eu des fautes très importantes commises par cet équipage qui justifie que la procédure soit judiciarisée aujourd'hui», a-t-il affirmé depuis Copenhague, au Danemark. Car ce pétrolier ne serait pas un navire ordinaire, mais l'un des nombreux bateaux de la «flotte fantôme» russe, mobilisée pour contourner les sanctions occidentales et continuer à exporter du pétrole. Des navires également soupçonnés de participer à la «guerre hybride» menée par Moscou : sabotages de câbles sous-marins, opérations de déstabilisation et, plus récemment, survols suspects de drones au Danemark, dans des zones militaires et aéroportuaires sensibles.
Selon un amiral français, cette flotte pourrait compter près de 900 navires. La plupart sont vétustes, achetés d’occasion au début de la guerre en Ukraine par Igor Setchine, ancien membre du renseignement militaire soviétique et PDG du géant pétrolier Rosneft, proche de Vladimir Poutine. Ces bateaux naviguent sous pavillons de complaisance, changent fréquemment de propriétaires officiels et opèrent avec des équipages difficiles à identifier. Un flou qui leur permet de circuler librement dans le monde tout en restant insaisissables. Selon Emmanuel Macron cette flotte «finance, selon nos évaluations, 40 % de l'effort de guerre russe».


















