
La guerre au Moyen-Orient secoue l’économie… mais la France tient bon. Invité du journal de 20 heures de France 2, mercredi 25 mars, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a tenu à rassurer. D’abord interrogé sur le terme de «choc pétrolier», employé par le ministre de l'Economie, il a distingué la situation actuelle des chocs de 1973 et 1979. «A l'époque, on parlait d'un choc permanent. C'est-à-dire, on monte une marche d'escalier et on reste nettement plus haut, alors que cette fois-ci, comme après 2022 en Ukraine d'ailleurs, il y a une montée qui est une mauvaise nouvelle, mais tout le monde s'attend à ce que les prix redescendent ensuite», a expliqué François Villeroy de Galhau.
Selon lui, les chocs pétroliers des années 1973 et 1979 étaient beaucoup plus durables et intenses. «Les prix à la pompe avaient monté de 70% durablement, puis après le deuxième choc pétrolier, en 79, ils avaient monté de 60%. Là, on a des choses difficiles à traiter, mais un impact qui, globalement, est modérément négatif pour l'économie française», a-t-il souligné.
Une croissance toujours positive
Le gouverneur de la Banque de France a ensuite précisé les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’économie du pays. «Nous avions dit depuis le début que ça signifiait pour l'économie française comme pour l'économie européenne un peu moins de croissance et un peu plus d'inflation. Mais pour la première fois, nous commençons à chiffrer, à préciser la photo», a-t-il indiqué, précisant se baser sur trois scénarios au vu des nombreuses incertitudes.
«Dans le scénario de base que nous publions, la croissance française serait à 0,9% cette année. C'est un peu moins que ce qu'on prévoyait à 1%, mais ça reste positif. Et l'inflation qu'on prévoyait à 1,3% monte à 1,7%. C'est un impact modérément négatif», a-t-il détaillé. Selon les prévisions de la Banque de France, l’inflation sera à 1,4% en 2027 et 1,6% en 2028. François Villeroy de Galhau a souligné un avantage pour la France : l’inflation y reste moins forte que la moyenne européenne. Autre atout : le pays a retrouvé son électricité nucléaire.
Pas de récession en vue
François Villeroy de Galhau a insisté sur le fait que la France devrait éviter la récession, même dans des scénarios plus défavorables. «On prévoit un prix du pétrole qui est plus haut et qui redescend plus lentement. Alors là, évidemment, il y a moins de croissance, mais je veux souligner que dans les trois scénarios, ça c'est important, la France échappe à la récession. Donc on garde une croissance positive», a-t-il affirmé.
Même si la guerre se prolonge, le gouverneur souligne que cette approche par scénarios permet de mieux gérer l’incertitude. «Bien sûr, ce sont des prévisions. Je ne serais pas sérieux si je vous disais que je sais exactement ce qui va se passer. Mais cette technique des scénarios, je crois, permet de traiter les incertitudes», a-t-il soutenu.



















