Le conflit entre Russes et Ukrainiens est-il en train de connaître un tournant de taille ? L’opération «Toile d’araignée» menée le 1er juin par Kiev a en tout cas tout fait pour déstabiliser Moscou. En attaquant plusieurs bases stratégiques russes, puis en menant une cyberattaque contre Tupolev, l’Ukraine a intensifié ses cibles. Le 7 juin dernier, Kiev a indiqué avoir abattu un chasseur russe Soukhoï Su-35 dans la région de Koursk avant de s’attaquer au très puissant lanceur Iskander. Comment la Russie va-t-elle réagir ?

D’après L’Indépendant, qui se base sur des informations de blogueurs spécialisés, les Russes utiliseraient désormais des avions de type Tu-160 pour bombarder des cibles ukrainiennes. Pourquoi est-ce un fait notable ? Parce que jusqu’à présent, cette tâche était réservée aux Tu-95. Ce Tupolev qui a volé pour la première fois en 1952 a un long rayon d’action et a été conçu pour le déploiement de missiles notamment. Le Tu-160 a une tout autre envergure. Réservé, lui, à la dissuasion et aux attaques nucléaires, il est selon nos confrères du Parisien «l’avion de combat le plus long et le plus lourd jamais construit».

Une autonomie de 12 000 kilomètres

Long de plus de 50 mètres, il a une envergure de 52 mètres pour plus de 2 mètres de hauteur. Il peut surtout atteindre Mach 2,05 voire 2,1 et «transporter jusqu’à 40 000 kg de munitions, y compris des missiles de croisière Kh-55SM et Kh-101/102 à capacité nucléaire», peut-on apprendre. En outre, il dispose d’une autonomie de plus de 12 000 kilomètres, faisant de lui un fleuron de l’aviation russe.

Est-ce pour cette raison que les Ukrainiens ne l’ont pas ciblé lors de leur attaque du 1er juin, afin d’éviter toute escalade ? Les Tu-160 sont en revanche plus coûteux en entretien que les Tu-95, mais aujourd’hui, Moscou ne disposerait que d’une quinzaine d’unités. C’est aussi pour cette raison que Vladimir Poutine souhaiterait moderniser sa flotte et aurait déjà commandé une cinquantaine d’exemplaires.

Pour l’heure, Kiev se concentrerait sur les Tu-95MS et Tu-22M3 afin de perturber les frappes conventionnelles russes. Mais selon le spécialiste OSINTRadar, la Russie aurait déjà décidé de faire revenir les Tu-160 et les Tu-95 sur sa base d’Engels afin d’être réapprovisionnés en missiles par l'Iliouchine II-76.