
L'intelligence artificielle s'impose comme un nouvel outil d'aide à l'investissement pour les Français, en particulier chez les jeunes épargnants, mais augmente fortement le risque d'escroqueries en ligne, a mis en garde, jeudi 28 mai, l'Autorité des marchés financiers (AMF). Une étude de l'AMF publiée en février a montré que 11% des Français utilisent déjà l'intelligence artificielle comme source d'information pour choisir leurs investissements, en complément de conseils d'établissements financiers ou pour compléter leurs propres recherches.
«C'est loin derrière le conseiller bancaire ou le conseil financier», mais «c'est davantage que les réseaux sociaux ou les influenceurs», a précisé France Mayer, directrice des relations avec les épargnants et de leur protection au sein de l'AMF, lors d'une conférence de presse à l'occasion de la publication du rapport annuel 2025 de l'institution. Le gendarme boursier relève cependant une «fracture générationnelle» avec 19% des moins de 35 ans qui utilisent l'IA, contre seulement 4% pour les plus de 55 ans.
Avec l'IA, l'essor des arnaques en ligne
Fait notable, le recours à l'IA comme unique source d'information reste très marginal : seulement 5% des Français y ont recours de façon exclusive. «L'IA est également utilisée pour mieux comprendre les placements, pour trouver plus facilement des informations sur les produits, sur le niveau des risques, sur le niveau des frais, par exemple», mais aussi «pour s'informer sur l'actualité des marchés financiers et trouver aussi un placement adapté à ses besoins», a détaillé France Mayer. En interne, «l'AMF elle-même tire déjà parti de l'intelligence artificielle pour renforcer ses capacités de détection des opérations anormales et de surveillance des marchés, donc en matière d'abus de marché», a souligné la présidente de l'institution, Marie-Anne Barbat-Layani.
Le recours croissant à l'intelligence artificielle fait émerger de nouveaux risques pour les investisseurs, avec notamment les arnaques en ligne qui «pullulent», a averti le régulateur. «L'intelligence artificielle commence à être fréquemment utilisée soit pour créer des sites clones: des faux sites de revues de presse, des faux journaux qui sont extrêmement bien faits», a ajouté France Meyer. Autre pratique en plein essor : l'IA facilite l'usurpation d'identité avec à la création de fausses images mettant en scène des régulateurs, responsables politiques ou des personnalités médiatiques recommandant des placements frauduleux. Face à la généralisation de ces nouvelles pratiques, l'AMF a réaffirmé son engagement en matière d'éducation financière et de protection des investisseurs.



















