Deux semaines top chrono ! C’est le temps qu’il a fallu à Climax Foods, une start-up implantée à Berkeley en Californie, pour recréer à la perfection, visuelle tout autant que diététique et gustative, un «Mini Babybel» bien de chez nous. «En n’utilisant que du chanvre, de la citrouille et des haricots blancs, pour aboutir au même niveau de protéines que le produit initial», assure son fondateur, Oliver Zahn. Ce n’est d’ailleurs pas la seule création de cet astrophysicien de formation, qui a l’air de particulièrement goûter la moisissure noble : dés de feta, boules de mozzarella ou jolies tranches de bleu, son laboratoire n’a rien à envier aux étals des vrais fromagers… Ses produits coulent et sentent tous, d’ailleurs, à s’y méprendre. Et pourtant : dans ces faux fromages au goût indiscernable, comme dans le Mini Babybel réalisé en collaboration avec Bel, aucune trace de lait, qu’il soit de vache, de brebis ou de chèvre. Mais seulement des ingrédients végétaux.

Autant le préciser d’emblée : ce trompe-l’œil culinaire n’aurait pas été possible sans le recours à l’intelligence artificielle (IA). La seule capable de combiner aussi rapidement, et sans erreur, les milliers de références de plantes et de légumineuses qui constituent la base de données de Climax Foods.

L'IA permet de diminuer le temps consacré à la recherche et au développement

«Grâce à la puissance de calcul de cette IA, le temps alloué à la R&D se trouve diminué, et nous gardons la garantie d’avoir le meilleur rendu possible», résume Nicolas Cabanes, directeur de projet chez le spécialiste de la transformation digitale EY Fabernovel. On ne compte plus les start-up du secteur qui, à l'image de Climax Foods, assument plus ou moins ouvertement mettre de l’IA dans leur arrière-cuisine. C’est d’ailleurs un atout majeur dans la manche de cette industrie, confrontée à la nécessité de nourrir une planète dont la population devrait passer de 7,9 à 9 milliards d’habitants d’ici à 2050. «Les nations émergentes vont se développer et vouloir augmenter leur consommation de protéines animales. Dans nos pays, il faudra compenser cette demande par du végétal», avertit Cécile Béliot, directrice générale de Bel.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul enjeu : l’alimentation s’appuyant sur l’élevage animal, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a en effet un impact non négligeable sur l’environnement. C’est ainsi qu’un tiers des émissions de gaz à effet de serre seraient liées aux besoins de l’alimentation humaine. D’après les calculs du groupe Bel, remplacer par du végétal ne serait-ce que 10% de nos portions d’alimentation animale permettrait d’économiser l’équivalent des émissions carbone du Japon pendant un an, et quarante ans de consommation d’eau d’une ville comme Londres.

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