
En octobre, les dépenses de consommation des ménages japonais ont reculé de 3% par rapport à l'année précédente en termes réels, d'après les chiffres communiqués par le gouvernement. Elles avaient gonflé de 2,3% en août et de 1,8% en septembre. A l'heure où une inflation persistante et l'incertitude économique assombrissent le moral de ménages, il s'agit du premier repli depuis avril, et le recul le plus marqué depuis janvier 2024 au Japon. Cette baisse intervient à rebours des anticipations des analystes sondés par Bloomberg, qui tablaient sur une hausse de 1%.
Dans le même temps, le salaire de base nominal par travailleur à temps plein au Japon en moyenne a augmenté de 3,3% en octobre sur un an. Mais le salaire réel (c'est-à-dire ajusté en fonction de l'inflation) s'affiche en repli de 0,1%. Ces chiffres maussades s'inscrivent dans un contexte de conjoncture économique précaire : le Japon a vu son Produit intérieur brut (PIB) se contracter au troisième trimestre, miné notamment par l'affaiblissement de ses exportations en raison des droits de douane américains.
Un plan de relance colossal a été mis en place
Pour relancer la consommation face à une inflation tenace (qui a encore accéléré à 3% sur un an en octobre), la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi a annoncé fin novembre un plan de relance équivalant à 117 milliards d'euros et prévoyant notamment des chèques aux parents et des subventions énergétiques. L'évolution des salaires et des dépenses des ménages est surveillée par la Banque du Japon (BoJ), qui tente depuis longtemps d'instaurer un cycle économique vertueux dans lequel la hausse des salaires stimulerait la consommation, afin de tourner durablement la page de décennies d'inflation quasi-inexistante. Malgré le recul de la dépense des ménages relevé vendredi, les marchés estiment que la BoJ devrait relever à nouveau ses taux d'intérêts lors de sa prochaine réunion de politique monétaire mi-décembre.

















