
Si vous avez entre 40 et 50 ans, il y a fort à parier que votre enfance a été bercée par les chansons de Chantal Goya : Pandi Panda, Bécassine, Le Soulier qui vole ou encore l'inoubliable refrain donnant au lapin une occasion en or de se venger d'un chasseur (car, souvenez-vous, c'était un lapin qui avait un fusil). Mais Chantal Goya n'est pas que l'héroïne de nos (très) jeunes années. Elle est aussi une contribuable et l'administration fiscale n'a de cesse de le lui rappeler depuis 2018. Cette année-là, Chantal Goya sollicite un prêt de 2,2 millions d'euros auprès du Crédit municipal de Bordeaux afin de régler une importante dette fiscale dépassant le million d'euros.
Comme le rappelle L'informé dans une information reprise par Le Point, l'emprunt est garanti par les droits Sacem de son mari, le compositeur Jean-Jacques Debout, dont l'impressionnant répertoire inclut des hits non seulement de son épouse, mais aussi de Sylvie Vartan et Johnny Hallyday, entre autres. Cinq ans plus tard, l'établissement public réclame 2,46 millions d’euros, en intégrant intérêts et pénalités contractuelles. Les artistes contestent la somme devant la justice, affirmant que la banque n'aurait pas respecté son devoir de mise en garde face à un risque d'endettement excessif, alors que la chanteuse était fichée à la Banque de France.
Des revenus évalués à environ 40 000 euros par mois
En août 2025, un premier jugement leur donne tort. Le juge estime en effet que le couple a signé ce contrat en étant parfaitement informé de sa portée, tout en réduisant la somme réclamée à 2,18 millions d’euros, les intérêts étant supprimés. Chantal Goya fait appel et tente à nouveau de convaincre les magistrats de sa fragilité financière, expliquant notamment percevoir une retraite inférieure à 600 euros mensuels et que l'essentiel de ses ressources avait été «réinvesti dans ses spectacles».
Mais l'examen détaillé de leurs finances n'a pas convaincu la cour d'appel. Les magistrats ont constaté que le couple disposait en réalité de revenus confortables, évalués à environ 40 000 euros par mois en 2024. Cette somme provient à la fois des spectacles de la chanteuse et des droits d'auteur liés au catalogue musical de Jean-Jacques Debout, un patrimoine estimé à plus de 3 millions d'euros. Dans ces conditions, la justice a estimé que les deux artistes étaient en mesure d'assumer les échéances du prêt. Leur demande de suspension de remboursement a donc été rejetée. Cette décision s'accompagne de plusieurs milliers d'euros de frais supplémentaires à régler par le couple... sonné, mais Debout.











