
Dans le contexte actuel, cette prise de parole pèse lourd. Jeudi 9 octobre, sur le plateau de franceinfo, le président du groupe Modem à l’Assemblée nationale a osé un plaidoyer en faveur de la réforme des retraites, alors qu’elle est au centre des débats depuis la démission de Sébastien Lecornu. Un contrepied marquant, qui a pris tout le monde au dépourvu sur le plateau. «Pendant un mois et demi, on s’est dit que si on avait la taxe Zucman, on aurait réglé le problème budgétaire», explique-t-il.
Selon lui, le débat sur la réforme des retraites a le même problème, et serait représenté comme une solution ponctuelle, à un débat bien plus profond. Pour le chef des députés Modem de l’Assemblée, penser qu’une pause sur la réforme des retraites réglerait le problème est une illusion, car le problème du poids des retraites dans le budget 2026 reste prépondérant. Les retraites seraient un facteur central pour expliquer le déficit public actuel. «Sur la moitié de la dette accumulée depuis 2017, ce sont les retraites», indique-t-il. Une donnée qui justifie amplement l’existence de la réforme de 2023, même si celle-ci est très impopulaire.
Une réforme «incomprise» mais nécessaire
L’ancien ministre de l’Agriculture est toutefois lucide : la méthode pourrait avoir dysfonctionné lors des débats concernant cette réforme, en 2023. Mais il n’en démord pas : «c’est la seule réforme structurelle qui montre une trajectoire de réduction des dépenses», martèle-t-il. La réforme des retraites actuelle permettrait une réelle réduction des dépenses sur le long terme, un effet qui n’a jamais été atteint sur d’autres chantiers.
Quand certaines figures de la majorité, comme Élisabeth Borne, parlent désormais d’une suspension de la réforme des retraites afin d'apaiser les tensions, Marc Fesneau, lui, appelle à ne pas lâcher, mais surtout à s’inscrire dans «des trajectoires responsables en termes budgétaires».



















