Bientôt la fin de la retraite par répartition ? Impossible de le savoir mais c’est, pour le moins, ce que pensent une écrasante majorité de Français interrogés dans le cadre du baromètre «Les Français, l’épargne et la retraite» établi par Ipsos pour le Cercle des Epargnants. Sur 1 000 personnes interrogées*, retraités et non-retraités compris, 81% s’estiment inquiets quant à l’avenir du système de retraite tricolore.

Une inquiétude qui s'accroît avec l’âge, grimpant à 85% chez retraités, soit les 65 ans et plus. C’est l’inverse lorsqu’il s’agit de leur retraite à titre personnel. Si, globalement, 58% des concernés ressentent une appréhension quant à leur propre retraite, soit un pessimisme moins fort que pour le système en lui-même, ce chiffre s’affaisse à 44% pour les retraités mais monte à 63% pour les non-retraités. Il culmine même à 72% pour la tranche d’âge des 45-54 ans !

Des Français malgré tout plus confiants

Pour résumer, les retraités sont plus inquiets que les non-retraités quant à l’effondrement du système de retraite français mais le sont à l’inverse moins concernant leur propre retraite, déjà entamée. Des différences intergénérationnelles donc. Mais ces générations se rejoignent sur un point. Les Français éprouvent aujourd'hui moins d’inquiétude et plus de confiance quant à la retraite, globale ou personnelle, qu'en 2017, soit neuf ans plus tôt. Les raisons ? «Cette évolution intervient avec le Covid et le début du «Quoi qu’il en coûte» décidé par le gouvernement d’alors, explique Brice Teinturier, directeur délégué général d’Ipsos en charge du baromètre. Cette intervention étatique a donné confiance aux Français, tout comme la réforme des retraites de 2023, malgré son impopularité», poursuit-il. Depuis deux ans, la confiance concernant les retraites s’effrite tandis que l’inquiétude gagne du terrain, sans pour autant atteindre les niveaux de 2017. Ce n’est pas sans lien avec le contexte hexagonal marqué par une certaine instabilité politique. Bref, un contexte d’incertitude concernant les retraites qui forcent les concernés à envisager des alternatives.

Les fonds de pension, une option plébiscitée mais…

Et la première de ces alternatives n’est nulle autre que le développement des fonds de pension. Autrement dit, la retraite par capitalisation. Six personnes interrogées sur dix (60%) pensent que ce mécanisme assurerait la viabilité du système de retraite. Vient ensuite une seconde alternative, à savoir reculer l’âge de départ à la retraite pour 42% des personnes interrogées. Deux options qui semblent gagner en popularité sur les deux dernières années. Oui, même le recul de de l’âge de départ. Mais ces chiffres sont à prendre avec des pincettes dans les deux cas : «Les fonds de pension donnent envie car les gens se disent qu’ils ne sont pas dépendants de l’Etat ou de la macro-économie mais d’eux-mêmes. Pourtant, ils ne savent pas vraiment ce qu’il y a derrière, comment ils fonctionnent, analyse Brice Teinturier. Quant au recul de l’âge de départ, il faut se méfier du chiffre, comme on l’a vu avec la dernière réforme des retraites», estime l’expert.

Il ajoute que les déclarations d’intention sont souvent moins fortes lorsque confrontées à la réalité. Une affirmation qui se traduit en chiffres. De 60%, cette volonté descend à 47% chez les non-retraités lorsqu’on leur demande s’ils seraient prêts à souscrire à un fonds de pension. Même logique avec le recul de l’âge de départ, passant de 42% à 33% d’intention chez les futurs retraités.

En attendant, les Français épargnent toujours beaucoup pour leur retraite : 67% des non-retraités mettent de côté pour leur après-vie professionnelle, soit 11 points de plus qu’il y a dix ans. A l'échelle nationale, cela se traduit par un niveau record de l’épargne en France, avec ses plus de 6 000 milliards d’euros en 2025.

*Etude réalisée du 2 au 8 janvier 2026, auprès de 1 000 personnes résidant en France métropolitaine, âgées de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population. Au sein des 1 000 participants, 728 sont des non-retraités - 624 sont des actifs - et 272 sont des retraités.