
Avant Sophie Binet (CGT), Frédéric Souillot (Force ouvrière), François Hommeril (CFE-CGC) et Michel Picon (U2P) qu'il recevra à Matignon les 8 et 9 janvier, François Bayrou a rencontré, mardi, Marylise Léon (CFDT) et François Asselin (CPME). Dans le cadre de ses échanges avec les partenaires sociaux autour notamment de la réforme des retraites, le Premier ministre s'est aussi entretenu avec le président du Medef, Patrick Martin. Ce dernier, comme le rapportent Les Échos, a appelé à aller au-delà d'un aménagement de la réforme. Pour lui, il est urgent de remettre à plat le financement de la protection sociale dans son ensemble.
Patrick Martin porte, pour le Medef, trois demandes : prendre en compte «le panorama général» du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Pour lui, les entreprises, si elles doivent contribuer à remodeler la réforme, ne doivent pas crouler sous les impôts et les charges sociales. Le syndicat patronal demande également d'éviter d'édulcorer le rendement financier de la réforme. Et en troisième lieu, Patrick Martin refuse un alourdissement du coût du travail, «sachant par ailleurs les menaces sur les allégements de charges au titre du PLFSS», a-t-il alerté.
La question de l'âge de départ est «sur la table»
Le président du Medef a également évoqué la piste des régimes de retraite par capitalisation ou encore le transfert d'une partie du coût de la protection sociale vers la fiscalité, CSG ou TVA sociale. Il ne s'est toutefois pas étendu sur ce sujet, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, étant fermement opposée à cette option. «Puisque la situation est réellement critique et que le Premier ministre exprime sa confiance dans les partenaires sociaux, saisissons cette occasion pour aller très au-delà d'un simple rafistolage de ces régimes qui sont à bout de souffle», a-t-il résumé auprès des journalistes au sortir de l'entretien.
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, s'est également exprimée après sa rencontre avec François Bayrou : «Le sujet du financement de la protection sociale n'est pas nouveau et c'est un sujet sur lequel il faut qu'on puisse travailler effectivement», a-t-elle confirmé. Mais pour elle, la priorité reste l'âge de départ : «La CFDT est toujours sur la même ligne : l'idée que 64 ans, ça n'est pas la solution». Autres dossiers brûlants: la pénibilité et plus globalement, la situation financière difficile de nombreux salariés, du privé comme du public. «On a réitéré notre volonté de reprendre l'ensemble des sujets et le Premier ministre a confirmé il n'y aurait aucun tabou et que tous les dossiers thématiques afférant aux retraites, y compris l'âge légal, étaient sur la table», a-t-elle rapporté.


















