
À la lecture de sa fiche de paie, le constat est souvent le même. Le salaire brut est toujours largement supérieur au salaire net. D’ailleurs, qui n’a jamais rêvé de voir son salaire net se rapprocher de son salaire brut ? C’est en tout cas l’objectif affiché par Michel Picon, le président de l’organisation patronale U2P qui a présenté, mardi 6 mai, un projet de «big bang» afin d’améliorer les revenus nets du travail et redonner du pouvoir d'achat aux Français.
Pour ce faire, l’U2P propose de supprimer la CSG (contribution sociale généralisée) ainsi que la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) sur l’ensemble des revenus d’activité en cinq ans. Un choix jugé «pragmatique» selon l’organisation patronale qui pourrait permettre une revalorisation de 116 milliards d’euros des revenus de l’ensemble de ces actifs, y compris pour les fonctionnaires, les libéraux ou les indépendants, rapporte BFMTV.
Un écart entre salaire net et brut en forte augmentation
Il faut dire que ces dernières décennies, l’écart entre le salaire brut et le salaire net a largement augmenté. Pour preuve, alors que dans les années 1970, le salaire net représentait 69 % du brut, ce pourcentage est finalement passé à 60 % dans les années 1990 puis à 54 % aujourd’hui. Ainsi, un salarié qui serait payé 1 000 euros brut ne perçoit en réalité que 540 euros.
Pour autant, si une telle mesure doit pouvoir se financer, l’U2P a d’ores et déjà des pistes pour pouvoir y parvenir. Pour ce faire, elle propose ainsi d’augmenter le PFU (prélèvement forfaitaire unique) ou de majorer la CSG sur les revenus locatifs. Parmi les autres leviers avancés, l’organisation patronale souhaite s’attaquer aux retraites les plus hautes en procédant durant trois à cinq ans au gel de l’augmentation automatique des retraites de plus de 2 500 euros qui est aujourd’hui indexée sur l’inflation, tout en supprimant l’abattement de 10 % dont elles bénéficient. Enfin, l’U2P suggère la révision des taux de la TVA générale avec «une hausse modérée de quelques points» de même qu’une forte hausse de la TVA sur les produits de luxe pouvant atteindre jusqu’à 35 %.



















