Le conclave sur les retraites s’enterre de jour en jour. Après les déclarations de François Bayrou dimanche 16 mars, refusant un retour de l’âge de départ à la retraite à 62 ans, puis les critiques des syndicats et de l’opposition qui ont émaillé cette sortie, c’est un des acteurs principaux qui décide de quitter la table des discussions. La première des trois organisations patronales, l’U2P, a en effet décidé de claquer la porte, rapporte BFMTV. Dans un communiqué, l’organisation qui représente les entreprises de proximité, prône «des mesures drastiques pour rétablir l’équilibre de nos régimes sociaux».

Appelant à une «prise de conscience générale», l’U2P se demande aussi : «Est-il vraiment sérieux dans (un) contexte de déficits structurels et de projections alarmantes, de continuer à emprunter la voie d’un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans ou d’une réduction de la durée d’activité requise pour accéder à la retraite ?» Si l’U2P est la plus petite des organisations patronales, sa voix porte.

Repousser l’âge de départ «au-delà de 64 ans»

Via ce communiqué, son président Michel Picon, rappelle que tous les patrons des petites entreprises adhérant à son organisation «travaillent bien au-delà de la moyenne des Français» et «ne peuvent entendre plus longtemps les sirènes appelant à travailler moins longtemps». Le patron de l’U2P s’en prend également aux organisations syndicales qui refusent coûte que coûte de négocier un autre âge de départ que 62 ans.

«Le bateau France est en train de prendre l'eau et l'orchestre des partenaires sociaux continuerait de jouer comme si de rien n'était ?», demande Michel Picon, avant de rappeler que la Cour des comptes estimait il y a quelques jours dans ses calculs que même un départ à la retraite à 64 ans engendrerait un déficit de plus de 30 milliards d’euros.

«Il faudra travailler davantage»

Dans un contexte d’effort militaire à soutenir, l’U2P estime enfin que l'équilibre du régime des retraites «imposera de repousser l'âge légal de départ au-delà de 64 ans» sauf pour les métiers difficiles. Une indexation des pensions inférieure à l’inflation sera également inévitable, hormis pour les retraités les plus modestes, avance l’organisation patronale qui souhaite toujours rapprocher le salaire net du brut et ainsi «améliorer le pouvoir d’achat des actifs».

Sur RTL, le résident de l'U2P a confirmé que sa décision était «définitive» et a regretté le «concert d'agressions» après les déclarations de François Bayrou. Pour lui, un retour à 62 ans signifierait un «effondrement du régime de retraite» et si «personne ne veut bouger ce qui est essentiel, c'est-à-dire la borne d'âge, tout ça rend ces travaux complètement caducs», a-t-il estimé. Avant de terminer sur RTL : «Il est temps d'arrêter d'illusionner les Français. Il faudra travailler davantage.»