Branle-bas de combat à gauche pour désigner sa figure de proue en cas de victoire aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Plusieurs personnalités se sont déjà proposées pour briguer le poste à Matignon en cas de majorité à l’issue du scrutin : Olivier Faure, Clémentine Autain, Manuel Bompard, François Ruffin, Yannick Jadot ou encore Jean-Luc Mélenchon, même si ce dernier est loin d’avoir les faveurs de ses acolytes. Lundi 10 juin, la tête de liste du Parti socialiste (PS) et Place publique, Raphaël Glucksmann (13,8% aux Européennes), avait cité le nom de Laurent Berger pour devenir potentiel Premier ministre.

L’ancien secrétaire général de la CFDT n’avait pas pris la parole depuis, mais invité lundi 24 juin de l’émission Télématin sur France 2, il n’a fait aucun mystère de ses velléités : «Je vais être très clair, j’ai fait le choix de me retirer de la vie publique.» Et d’ajouter : «Non, ce n'est pas mon envie.» Interrogé par la suite dans les colonnes du Monde, Laurent Berger a enfoncé le clou : «Le nom de la personnalité qui ira à Matignon est le cadet de mes soucis, aujourd’hui», laissant ainsi peu de place au doute. S’il s’est satisfait que «certains pensent que Matignon [l’intéresse]», il a répété : «Je peux vous assurer que ma vie actuelle me satisfait totalement.»

Emmanuel Macron a pris «un risque ultime»

Son principal combat ? Battre le Rassemblement national. «La première urgence, c’est d’éviter le Rassemblement national», a-t-il martelé dans Le Monde comme il l’avait fait sur France 2 : «Ce que je veux, c’est ne pas vivre dans un pays qui serait gouverné et présidé par le Rassemblement national.» Selon l’ancien secrétaire général de la CFDT, le RN «n’apporte aucune réponse aux enjeux économiques, sociaux, écologiques et démocratiques» et le parti «nous mène vers une impasse».

Et il explique dans les colonnes du Monde pourquoi il prend la parole aujourd’hui : «Si je peux convaincre des citoyens d’aller voter contre le RN, tant mieux.» Expliquant que sa prise de parole est celle «d’un citoyen très inquiet pour son pays», Laurent Berger considère qu’Emmanuel Macron a pris «un risque ultime» en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale. Il a surtout «fait peser une menace sur ce qui fonde les valeurs de la République : l’égalité, la liberté, la fraternité».

Enfin, l’ancien syndicaliste a été interrogé sur l’éventualité d’une nomination de Jean-Luc Mélenchon à Matignon et n’a pas été tendre, à l’instar de plusieurs figures du Nouveau Front populaire : «Ça ne peut pas être Jean-Luc Mélenchon. Faut arrêter ces histoires-là (...) Il essaie de tout dynamiter.» Plaidant pour «l’apaisement» et la «réconciliation», il craint qu’il n’y ait des «artisans du chaos partout». Et de terminer : «Résumer l’alliance faite à gauche à LFI est un abus grossier.»