Quatre cent mille euros. C’est le prix de la Rolex Daytona Rainbow saisie en août dernier par les policiers de l’OCLCIFF (Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales) dans une affaire d’escroquerie XXL. Une jolie prise, avec son bracelet en or et son cadran serti de 36 saphirs aux couleurs de l’arc-en-ciel. Et un crève-cœur pour son propriétaire, qui ne reverra jamais sa luxueuse tocante si le tribunal décide de la confisquer.

Saisies (réalisées par les enquêteurs au cours de la procédure pénale), confiscations (prononcées au moment du jugement): ces mots synonymes de dépossession temporaire ou définitive sont entrés depuis quelques années dans le vocabulaire des délinquants et criminels de tout poil. Parce que l’appât du gain est leur moteur dans 85% des cas, parce que le chiffre d’affaires annuel du crime organisé est évalué par Europol à quelque 140 milliards d’euros dans l'Union européenne, forces de l’ordre et magistrats ciblent le portefeuille des malfrats au nom d’un credo qui sonne comme une évidence : le crime ne doit pas payer.

"S'en prendre à la richesse des criminels est beaucoup plus efficace"

«C’est un levier extrêmement puissant de la répression, souligne Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon (21). Prenez les trafiquants de drogue: pour eux, la prison fait partie des risques du métier, au même titre que la saisie de leurs produits ou l’interpellation de leurs petites mains. S’en prendre à leur richesse est beaucoup plus efficace, car ce sont des businessmans, des hypercapitalistes.» En prime, on les prive, en les mettant sur la paille, de leur capacité à poursuivre leurs activités, parfois depuis le fond de leur cellule.

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