Dans son plan de réduction de 5 milliards d’euros des dépenses sociales annuelles, le Premier ministre a vu la possibilité de récupérer un peu d’argent sur les Français bénéficiant du dispositif d’affections de longue durée (ALD). En 2022, cela concernait quasiment 14 millions de Français, soit plus de 20% des citoyens du pays.

Aujourd’hui, plus d’une quarantaine de pathologies sont concernées par ce que l’on présente comme des maladies chroniques. Parmi les pathologies bénéficiant d’une affection de longue durée, on retrouve diabète, cancer, trouble bipolaire, maladie de Crohn ou encore un AVC invalidant. Et pour ces maladies, les frais de santé sont alors pris en charge à 100%, bien qu’ils doivent rester dans la limite du plafond de remboursement de l’Assurance maladie.

Des abus dans les remboursements ?

François Bayrou a annoncé vouloir restreindre cette prise en charge à 100% des ALD, et donc du remboursement effectif pour les différents soins et traitements correspondant à la pathologie de chaque personne malade. Précisément, le Premier ministre a expliqué vouloir mettre fin au remboursement à 100% des médicaments «sans lien» avec la maladie de longue durée et instaurer une «sortie du statut» dans certains cas. Une mesure qui paraît, somme toute, logique.

Pourtant, si le Premier ministre pointe les médicaments «sans lien» avec des maladies chroniques, c’est bien que des abus existent. «Par facilité, beaucoup de médecins mettent tous les traitements dans la case 100%, que ce soit des hypnotiques ou des médicaments pour lutter contre la constipation», explique à 20Minutes Pierre-Olivier Variot, président de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo). «Si les médecins généralistes font attention, c’est moins le cas pour ceux exerçant à l’hôpital», ajoute-t-il. A l’inverse, certains praticiens oublieraient même de mettre certains médicaments onéreux dans la catégorie ALD.