Trois mois. Voilà le délai donné par la Première ministre, Elisabeth Borne, à six experts pour repenser les mécanismes de régulation et le financement des produits de santé. Pour la plupart anciens membres de la Direction de la Sécurité sociale (DSS), ils devront dessiner les pistes pour faire face à “un environnement géopolitique instable et une inflation élevée” et ainsi, prémunir la France des pénuries de médicaments. Mais les objectifs fixés par Matignon rendent la tâche hasardeuse.

Dans sa lettre de mission, Elisabeth Borne impose aux destinataires de “concilier l’atteinte de plusieurs objectifs collectifs”. Tout d'abord l’accès des patients aux produits de santé, suivi de la lutte contre les pénuries, puis la soutenabilité des dépenses de santé. Mais aussi “le renforcement de notre tissu productif, notamment pour la production de produits très innovants et de produits matures essentiels, dans un objectif de souveraineté sanitaire”. Il sera également question de “l’attractivité des territoires pour les industriels et la relocalisation de produits de santé stratégiques”. Les experts sont enfin chargés de trouver “l’équilibre et l’équité dans la répartition des efforts”.

“Il faut éduquer la population au prix de la santé”

Justement, pourquoi ne pas mettre davantage les patients à contribution ? Les laboratoires pharmaceutiques appellent de vive voix à une augmentation des tarifs des médicaments alors que le dernier budget de la Sécu pour 2023 prévoit pas moins de 800 millions d’euros de baisses de prix. “Il faut éduquer la population au prix de la santé. Je suis persuadée que le gratuit induit une surconsommation et du gâchis”, tonne Karine Pinon, directrice générale du laboratoire XO et présidente de l’Amlis, l’association représentant les PME et TPE françaises des médicaments, qui réalisent 35% de la production des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MTM) consommés dans l’Hexagone.

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