
Le coup de gueule du patron de Safran contre les municipalités à majorité écologiste continue de susciter la polémique. Mais ce jeudi 17 avril, Olivier Andriès peut compter sur un soutien de poids : le directeur de la banque publique d’investissement Bpifrance, Nicolas Dufourcq, s’est rangé de son côté. Invité sur RMC, le dirigeant a en effet estimé que le directeur général du géant de l’aéronautique a «raison» et a dénoncé les opposants à la réindustralisation, notamment une «quantité d'associations».
«On a tout le monde contre nous», a-t-il déploré sur l’antenne de RMC, approuvant le choix du patron de Safran de ne pas s'implanter dans les villes dirigées par des majorités écologistes. Nicolas Dufourcq a également pointé «la contradiction intellectuelle où on veut tout et son contraire», refuser que «tout soit fabriqué en Chine et en même temps poser mille et mille conditions qui font que c'est absolument impossible pour les industriels». Pour le directeur de Bpifrance, les acteurs industriels doivent construire «des usines belles, des objets iconiques» qui rendent «les gens fiers».
«Si c’est pour se faire accueillir par des tomates»
Nicolas Dufourcq a par ailleurs déploré les mesures antidumping imposées par la Chine, visant notamment la Chine, et a souhaité que les enquêtes menées dans le domaine soient désormais traitées «rapidement», voire «instantanément». «Il faut protéger l'Europe» de «produits qui sortent à 50% du prix, parfois même au prix de la matière» première, a-t-il défendu. «C'est la stratégie habituelle des grandes entreprises chinoises, de vendre à perte très longtemps pour gagner des parts de marché, écraser la compétition et ensuite remonter les prix, et c'est inadmissible», a-t-il fustigé.
Pour rappel, ce lundi 14 avril, à l’occasion d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les freins à la réindustrialisation, Olivier Andriès avait déclaré : «Si c’est pour se faire accueillir par des tomates, ce n’est pas la peine, je ne le ferai pas. Chaque fois que l’on aura un choix de localisation, je bannirai une offre faite par une ville détenue par une majorité écologiste». Le patron de Safran faisait alors référence à la vive opposition suscitée par son projet d’implantation d’une usine près de Rennes, annoncé en février 2024.


















