C'est une première dans le monde : le géant chinois de l'ultra-fast fashion, Shein, va ouvrir ses premiers magasins physiques en France dès le mois de novembre. Six en tout, comme le relaie notamment Libération, d'abord au sein du BHV Marais à Paris, suivi de cinq autres progressivement dans des Galeries Lafayette à Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges. L'opération est née d'un partenariat entre Shein et la Société des Grands Magasins (SGM), foncière commerciale qui détient et exploite notamment le BHV Marais et des magasins Galeries Lafayette.

Mais cette installation à venir crée déjà des remous. Le jour même de l'annonce, la maison mère des Galeries a dit la «refuser» dans les magasins franchisés en province, précisant dans un communiqué : «Les Galeries Lafayette tiennent à exprimer leur profond désaccord avec cette décision (de SGM) au regard du positionnement et des pratiques de cette marque d’ultra-fast fashion qui est en contradiction avec leur offre et leurs valeurs».

«Un changement de modèle»

Dans le viseur des détracteurs de la plateforme chinoise (basée à Singapour), le désastre environnemental induit par les volumes colossaux, les conditions de travail, le non-respect des normes européennes, la concurrence déloyale pour les commerces de proximité... Pourtant, d'autres se montrent nettement plus emballés, à commencer par le président de SGM, Frédéric Merlin, qui s'est exprimé sur BFMTV : «C'est révolutionnaire, c'est un changement de modèle et je suis très fier que ce soit notre groupe qui l'incarne» s'enthousiasme celui qui sera donc le premier à accueillir Shein au sein du BHV à Paris.

Frédéric Merlin assume et assure : «Shein, c'est la meilleure plateforme de e-commerce qui soit en termes de fashion. Qui suis-je, en tant que commerçant, pour mépriser un tiers de la population française ?» qui y fait des achats en ligne, lance le PDG. S'il se défend d'être un «lobbyiste», Frédéric Merlin insiste : «Je suis un commerçant qui a besoin de faire vivre ses commerces, qui a besoin de générer du flux».

66% de produits dangereux vendus par Shein, d'après le gouvernement

Alors que les journalistes rappellent que Shein a été épinglé pour vendre «99% des produits transportés en avion, 94% de produits non conformes à nos normes européennes et, selon le gouvernement, 66% de produits dangereux», le jeune patron répond : «Nous avons pris toutes les dispositions pour être certains de la provenance des produits, de la façon dont ils sont fabriqués. Les usines qui fabriquent les produits Shein sont les mêmes que pour l'ensemble des commerçants mass market». Et de conclure : «Ce qui est révolutionnaire, c'est l'alliance de deux modèles : le commerce physique, historique, le grand magasin qui a toujours été vecteur de flux dans les centre-villes, et le meilleur retailer du web».