Le divorce semble consommé entre Safran et les Ecologistes. C’est ce qu’a laissé entendre le directeur général du géant industriel et technologique français alors qu’il était auditionné au cours d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les freins à la réindustrialisation le 15 avril, indique BFMTV. Tout est parti de l’installation d’une des usines du groupe près de Rennes. La deuxième fonderie de précision du groupe avait été annoncée en février 2024. Mais cette arrivée avait suscité une crise politique entre les élus écologistes et la maire de la Ville.

«Nous avons bien travaillé avec la maire de Rennes, le conseil régional (…), nous avons totalement respecté le 'zéro artificialisation nette' et nous avons été surpris, dès l'annonce, d'être critiqués par les écologistes, qui ont mis en cause la majorité municipale de Rennes», a rappelé Olivier Andriès. Une querelle qui a eu le don de l’agacer : «Si c'est pour se faire accueillir, quand on crée 500 emplois dans une région, par des tomates, ce n'est pas la peine, je ne le ferai pas», a-t-il ajouté lors de son audition.

Un projet abandonné à Lyon

Résultat, désormais, pas question pour lui de revivre ce scénario. Le patron de Safran a donc pris une décision radicale : «Il n'est plus question aujourd'hui d'investir en France dans une ville détenue par une majorité écologiste, c'est fini, je ne le ferai pas», a-t-il mâché. Et d’ajouter : «Chaque fois qu’on aura un choix de localisation, je bannirai une offre faite par une ville détenue par une majorité écologiste.»

A l’époque, les écologistes rennais avaient déclaré : «Au regard des urgences climatiques, l’aviation n’est pas un secteur d’avenir». Ils évoquaient également une «rupture de confiance». Toutefois, aujourd’hui, le projet n’est plus remis en cause. La première pierre sera bientôt posée, selon nos confrères, et les opérations devraient commencer en 2027.

Mais cette confiance rompue est sans doute au détriment des mairies écologistes. Comme l’indique Lyon Mag, Safran cherchait un lieu pour implanter une usine de freins carbone et la Métropole de Lyon, comme les Etats-Unis ou le Canada, faisait partie des options privilégiées. Toutefois, malgré les concessions lyonnaises faites pour céder un terrain de 18 hectares à Feyzin, le projet prévu pour 2024 a été abandonné en 2023.