Le vol de cuivre explose en France, avec des réseaux de plus en plus organisés et plus de 20 infractions signalées chaque jour. Le phénomène a pris une telle ampleur qu'il a fini par alerter les plus hautes autorités. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, appelle à une réponse plus ferme face à la recrudescence des vols et à la flambée du prix du métal. Les conséquences sont lourdes pour les infrastructures. SNCF Réseau, qui gère les 28 000 km de voies ferrées, a dû renforcer sa surveillance : agents privés, patrouilles quotidiennes de la Sûreté ferroviaire, alarmes, trackers GPS ou mêmes drones sont mobilisés.

Mais, malgré ces efforts, l'ampleur du réseau et la sophistication des voleurs compliquent considérablement la lutte. En mars, plusieurs centaines de kilomètres de câbles ont ainsi été dérobés dans le Haut‑Rhin, pour un préjudice de plus de 100 000 euros, entraînant plusieurs jours de perturbations sur le réseau SNCF, rappelle Europe 1 ce mardi 19 août. Ces actes de malveillance provoquent des retards en cascade, des interruptions de trafic et de fortes nuisances pour les voyageurs.

L'opérateur Orange durement touché

Le secteur des télécoms est également fortement touché. Orange a recensé 1 300 vols de câbles rien que pendant le premier semestre 2024, contre 1 500 sur l’ensemble de 2023, soit 1 200 km de câbles volés. 2 300 vols de câbles ont été recensés l’an dernier uniquement en Ile‑de‑France, soit +35% par rapport à l’année précédente. Chaque mois, des centaines de kilomètres de câbles ADSL sont endommagées. Or, généralement, le vol de cuivre engendre des coupures de téléphonie et d’Internet, impactant particulièrement les hôpitaux, services d’urgence, entreprises et collectivités.

Face à ce fléau, l’opérateur dépose systématiquement une plainte, coopère avec les préfectures et milite activement auprès de la Fédération Française des Télécoms pour durcir les sanctions pénales.