Pancarte «en grève» agrafée sur leur robe, les avocats ne veulent pas de la réforme Darmanin. Le ministre de la Justice veut créer le plaider-coupable dans les affaires criminelles. Le but de ce texte est de désengorger les juridictions en évitant de longs procès. Mais pour les avocats, cette mesure ferait plus de mal que de bien à la justice. Ils étaient nombreux vendredi, au tribunal judiciaire de Paris, à dénoncer une «justice à deux vitesses», «expéditive» et qui pousserait aux «faux aveux», rapporte l’AFP.

Pour faire part de leur mécontentement tout en ne bloquant pas le fonctionnement des tribunaux, les avocats continuent de travailler. Ils défendent leurs clients comme lors de journées normales, à ceci près qu’ils portent une pancarte «en grève». Certains se permettent même quelques mots face à la cour. Ils dénoncent notamment la surpopulation carcérale, la «mort sociale» d’un séjour en prison, ainsi que le traitement des victimes dans les affaires criminelles.

Une journée d’action le 13 avril

Mais les avocats ne devraient pas se contenter de la pancarte agrafée à leur robe. Le barreau de Paris ainsi que la conférence des bâtonniers ont appelé à une journée nationale d’action le 13 avril. Le projet de loi doit être examiné ce jour-là au Sénat. 130 barreaux sur les 163 ont déjà voté une grève. L’adoption du plaider-coupable ne devrait pas être trop difficile au Sénat mais risque de l’être à l’Assemblée nationale.