Capital : Le monde de la finance reste très largement dominé par les hommes. Or les femmes, on le sait, ont plus de difficultés que les hommes à décrocher des prêts ou à lever des fonds. Faut-il y voir un lien de cause à effet ?

Marie-Anne Barbat-Layani : Les femmes sont arrivées tardivement dans l’univers du pouvoir et de l’argent. Rappelez-vous que, jusqu’en 1965, elles étaient interdites d’entrée à la Bourse de Paris et n’avaient pas le droit d’ouvrir un compte bancaire, ni de travailler sans l’accord de leur mari ! Mais le rattrapage a été très rapide, grâce notamment à la volonté du législateur qui a peu à peu imposé la féminisation des instances dirigeantes, dans le privé comme dans le public. Et ça marche. C’est aujourd’hui une femme, Valérie Baudson, qui dirige le premier gestionnaire d’actifs européens, Amundi. Par ailleurs, un chiffre m’a agréablement surprise : dans le monde du private equity, les équipes d’investissement sont féminisées à hauteur de 30%.

Et pourtant, les femmes accèdent plus difficilement aux financements…

Attention, en effet, aux quelques arbres qui masquent la forêt. Face à des investisseurs encore très souvent masculins, il est plus difficile pour les entrepreneuses d’obtenir des financements… Un chiffre le résume bien : en Europe, seulement 1,8% du capital-risque est consacré à des projets portés par des femmes. Il est vrai qu’elles demandent moins. C’est lié à notre culture et à notre éducation. Lorsqu’il m’est arrivé, dans ma carrière, d’accorder des bonus, les hommes se plaignaient pour obtenir davantage alors que leurs collègues femmes ne revendiquaient rien. Au contraire même : quand la gratification était supérieure à leurs attentes, elles me disaient “tu es sûre…?”

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