Vendredi 9 janvier, la députée LFI Mathilde Panot a annoncé sur X que son parti avait pris la décision de déposer une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, relayé par Franceinfo. La raison : LFI conteste la gestion du dossier sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, mais surtout le «piétinement» de la souveraineté populaire et du droit international, qu’il s’agisse de cet accord, ou encore de l’emprisonnement du président vénézuélien Nicolas Maduro, après une attaque des États-Unis.

Après l’annonce selon laquelle Emmanuel Macron voterait contre l’accord UE-Mercosur, jeudi 8 janvier dans la soirée, la motion de censure de LFI pointe du doigt «le déni écologique, la casse industrielle et sociale, et une concurrence manifestement déloyale» adoubés par ce traité. LFI reproche notamment au gouvernement actuel mais aussi à Emmanuel Macron de ne pas s’être «donné les moyens d’empêcher l’adoption de cet accord». En effet, le parti de gauche reproche au président français d’avoir fait la promotion de l'accord avec le Mercosur pendant ses deux mandats, mais aussi de n’avoir pris aucune décision permettant de bloquer ce traité.

Un climat politique sous haute tension

Pour les insoumis, l’opposition d’Emmanuel Macron et de son gouvernement à l’accord semble relever davantage d’une stratégie de communication politique que d’une conviction réelle. Par ailleurs, l’initiative d’une motion de censure n’est pas isolée du côté de LFI. Le président du RN Jordan Bardella a également annoncé jeudi 8 janvier sa volonté de déposer sa propre motion de censure au nom du Rassemblement national. Ce dernier accuse le président et le gouvernement de Sébastien Lecornu de tenter «une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite».

Des attaques contre lesquelles le Premier ministre Sébastien Lecornu a vivement réagi. Sur X, il a dénoncé des «postures cyniques partisanes» qui affaibliraient la France sur le plan international, en envoyant un très mauvais signal à l’étranger.