Alors que la mobilisation du monde agricole se poursuit ce lundi 12 janvier, avec des actions aux quatre coins de la France, l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur doit être officiellement signé samedi. Un texte qui continue de diviser profondément la classe politique française et européenne. Invitée de Sud Radio ce lundi, l’eurodéputée Nathalie Loiseau, secrétaire nationale à l’international du parti Horizons, a annoncé qu’elle voterait contre l’accord. «Les Français sont contre», a-t-elle souligné, jugeant le texte inadapté aux réalités économiques et environnementales actuelles.

L’ancienne ministre chargée des Affaires européennes a également indiqué faire partie des eurodéputés ayant demandé la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Objectif : vérifier la conformité de l’accord avec les traités européens, notamment en matière de normes sanitaires, environnementales et de concurrence. Pour Nathalie Loiseau, le problème n’est pas tant le principe d’un accord avec les pays du Mercosur, qu’elle juge «plutôt une bonne idée», que son contenu.

Un accord «obsolète»

«Le problème, c’est que ça fait 25 ans que cet accord a été négocié et que c’est un accord d’une autre époque. Un accord dont on a démarré la négociation dans un autre temps», a-t-elle expliqué. «Aujourd’hui, il est obsolète sur une partie qui concerne l’élevage, bien sûr qu’il y a d’autres secteurs qui vont y gagner. Mais, moi, je ne me résous pas à l’idée qu’il y ait des gagnants et des perdants», a-t-elle poursuivi.

«Il faut préserver les secteurs qui ont bien le droit d’être préservés, et nous, on en a le devoir», a insisté Nathalie Loiseau. Alors que les agriculteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale, la contestation autour de l’accord UE-Mercosur s’intensifie à l’approche de sa signature officielle. Le vote du Parlement européen, ainsi qu’une éventuelle décision de la CJUE pourraient encore rebattre les cartes dans les semaines à venir.