La mobilisation ne faiblit pas. Ce mardi 20 janvier, des milliers d’agriculteurs ont pris la direction de Strasbourg pour protester contre l’accord UE-Mercosur devant le Parlement européen. Dans une interview accordée au Figaro lundi, Arnaud Rousseau, le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), a réaffirmé sa vive opposition au traité de libre-échange avec le groupe d’Etats sud-américains.

Il estime que les agriculteurs français se font «laminer» par le «manque de stratégie et de vision agricoles en Europe et en France». Le président de la FNSEA appelle à «continuer le combat» contre l’accord, qu’il juge menaçant pour plusieurs filières. «Nous continuons le combat car les mesures juridiques défendues par le gouvernement français ne sont pas satisfaisantes», explique Arnaud Rousseau, ajoutant que ce traité constitue «un réel risque de déstabilisation du marché pour les paysans européens».

La FNSEA sceptique face aux promesses du gouvernement

Le président de la FNSEA dénonce également «les effets cumulés des traités européens de libre-échange sur nos filières» et pointe des secteurs fragilisés comme la volaille, «où nous importons la moitié de notre consommation, cela a été un vrai facteur de fragilisation». Pour Arnaud Rousseau, la situation est aggravée par «la réglementation française» qui, selon lui, «a sur-transposé la réglementation européenne et a mis beaucoup de choses en œuvre pour qu'on se fasse battre».

S’agissant de la prochaine PAC 2028-2034, il estime qu'«en l'état actuel des négociations, la baisse des crédits de la PAC pour la France serait encore de 13%»et se montre sceptique quant aux promesses de compensation du gouvernement. La loi d'urgence agricole annoncée par le Premier ministre d’ici l’été, selon lui, ne servira qu’à «parer au plus pressé».