
«Make America Great Again». Si ce slogan a été utilisé pour la première fois lors de l’élection présidentielle de 1980 par Ronald Reagan, il a été popularisé par Donald Trump dès les primaires du parti républicain en 2016. Puis, celui qui a été élu pour la deuxième fois en novembre dernier, en a fait une marque de fabrique. Car ce slogan, «Rendre sa grandeur à l'Amérique», était annonciateur de sa future politique. Comme l’a repéré BFMTV, le gouverneur de la Banque de France a tenté de lui répondre avec un certain style lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Il a en effet arboré une casquette avec le même message, en remplaçant «Amérique» par «Europe» : «Make Europe Great Again».
Une touche d’humour assumée et accentuée par l’animateur de ces Rencontres qui a rappelé que Donald Trump ne serait pas présent, car «il était attendu, mais il s’est dégonflé». Mais au-delà du clin d’œil, c’est un réel message que François Villeroy de Galhau voulait faire passer. Selon lui, malgré les difficultés croissantes de bon nombre de pays de la zone euro, le Vieux Continent a encore des arguments à faire valoir, à commencer par sa monnaie, l’euro, «un vrai succès politique», d’après lui. Le gouverneur de la Banque de France a rappelé «qu’à peine 51% des Français étaient pour l’euro» en 1992, et «aujourd’hui c'est 79% et même 83% au niveau européen».
"Il s’agit de mettre l’Europe en tête" : François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, affiche une casquette "Make Europe great again" aux Rencontres économiques d'Aix #BFM2 pic.twitter.com/Kza6iHy8M6
— BFMTV (@BFMTV) July 4, 2025
«On est doublement colonisés en Europe», juge le directeur général de Bpifrance
Ainsi, pour retrouver de la puissance sur le marché international, l’Europe doit s’inspirer de ce genre de «succès». «Maintenant il faut faire pareil avec l’Europe de la défense et des marchés financiers, fixons-nous une date comme le 1er janvier 2028 par exemple et faisons-le pendant les années Trump !», a-t-il martelé. De là à convaincre son auditoire ? Pas si sûr, souligne BFMTV, l’un des plus critiques étant le directeur général de Bpifrance faisant le constat de l’impuissance européenne face à la Chine et aux Etats-Unis : «On est doublement colonisés en Europe», a-t-il jugé, avant d’évoquer la «condescendance» de la Chine.
Mais d’autres grands patrons ont affiché leur scepticisme, à commencer par la patronne de FDJ United, Stéphane Pallez, pour qui l’accroissement de la souveraineté européenne est loin de faire consensus. Quant à l’Europe de la Défense, défendue notamment par la présidente de la Commission européenne, elle est encore loin de rassembler. «On a plus de F-35 en Europe que d’avions européens», a raillé le directeur général de la banque Lazard.
Enfin, l’ancien Président du Conseil des ministres italien et actuel président de l'Institut Jacques Delors, l’Italien Enrico Letta, a livré des anecdotes sur le morcellement du marché intérieur européen et ses limites actuelles. Difficile ainsi de peser face aux Etats-Unis et encore plus face à la Chine. De quoi refroidir, quelque peu, François Villeroy de Galhau…



















